Soudan: état d'urgence au Nil Bleu après 150 morts dans des combats

Le gouverneur de l'État du Nil Bleu, dans le sud Soudan, a décrété vendredi l'état d'urgence et donné les pleins pouvoirs aux forces de sécurité pour "faire cesser" des combats tribaux qui ont fait 150 morts en deux jours.

Sudanese protesters block a street in the capital Khartoum on October 21, 2022. - Thousands of Sudanese took to the streets to renew protests nearly a year after a military coup led by General Abdel Fattah al-Burhan derailed the country's transition to democracy. (Photo by AFP)
Des manifestants soudanais bloquent une rue dans la capitale Khartoum, le 21 octobre 2022. ©AFP or licensors

"L'état d'urgence est décrété dans l'ensemble de l'État du Nil Bleu, pour trente jours", indique le décret du gouverneur Ahmed al-Omda Badi consulté par l'AFP.

Le texte appelle les commandants locaux de la police, de l'armée et des services de renseignement ainsi que des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) "à intervenir par tous les moyens possibles pour faire cesser les combats entre tribus".

Mercredi et jeudi, "150 personnes dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été tuées et 86 blessées", selon Abbas Moussa, le directeur de l'hôpital de Wad al-Mahi, à quelque 500 kilomètres de Khartoum, où ont eu lieu les violences.

Dès lundi, les autorités avaient imposé un couvre-feu nocturne après la mort de 13 personnes, selon l'ONU, dans des heurts entre des membres de la tribu des Haoussas et des clans rivaux.

Mais les affrontements ont repris malgré le déploiement sécuritaire.

Jeudi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Damazine, chef-lieu du Nil Bleu, pour protester contre les violences.

D'autres ont réclamé le départ du gouverneur Badi, incapable selon eux de les protéger des affrontements.

De juillet à début octobre, au moins 149 personnes ont été tuées et 65.000 déplacées au Nil Bleu, selon l'ONU.

Au début de ces violences, les Haoussas s'étaient mobilisés à travers le Soudan, se disant discriminés par la loi tribale qui leur interdit, parce qu'ils sont arrivés les derniers dans le Nil Bleu, de posséder la terre.