"Non aux ingérences étrangères": des milliers d'islamistes manifestent contre l'ONU au Soudan

Plusieurs milliers d'islamistes ont manifesté samedi devant la délégation de l'ONU à Khartoum, dénonçant comme une "ingérence" les médiations internationales qui tentent de réconcilier civils et militaires pour relancer la transition démocratique, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dozens of people gather in front of the office of the United Nations Integrated Transition Assistance Mission in Sudan (UNITAMS) in support of Sudan's military leaders, in Khartoum, Sudan, Saturday, Oct. 29, 2022. (AP Photo/Marwan Ali)

Reprenant les slogans de la dictature islamo-militaire d'Omar el-Béchir, déposé en 2019, et réclamant "un pouvoir islamique" les manifestants ont brandi des pancartes proclamant: "Non aux ingérences étrangères" et "Non à l'ONU".

Certains ont brûlé des portraits de Volker Perthes, l'émissaire de l'ONU à Khartoum, en criant "Volker, collabo, c'est nous qui avons décapité Gordon", en référence au général britannique Charles Gordon tué en 1885 lors d'une révolte soudanaise.

"Pourquoi l'armée ne se rallie pas au peuple en dégageant Volker aujourd'hui même?", a lancé un manifestant à l'AFP.

"Nous manifestons pour notre dignité et notre souveraineté. Notre pays a été souillé par Volker" Perthes, renchérit Hafez Joubouri, qui lui aussi défile.

Les pro-démocratie redoutent un retour à l'ancien régime de Omar el-Béchir depuis le coup d'Etat mené il y a un an par le général Abdel Fattah al-Burhane. Ils en veulent pour preuve le fait que de nombreux islamistes ont retrouvé les postes qu'ils occupaient au sein du pouvoir islamo-militaire qui régna sur le Soudan de 1989 à 2019.

Les médiations internationales lancées depuis un an échoppent notamment sur ce point: les civils limogés lors du putsch affirment qu'ils ne reviendront à la table des négociations que si l'armée accepte l'idée de se retirer du pouvoir selon un calendrier précis et si les responsables de l'ancien régime sont définitivement écartés et jugés.