COP27: inquiétudes autour de la santé du détenu politique le plus célèbre d’Égypte

Alaa Abdel Fattah, bête noire du président Abdel Fattah al-Sissi, poursuit une grève de la faim sèche.

A group of protesters wear T-shirts with #FREEALAA after a panel with Sanaa Seif, center in yellow, sister of Egypt's jailed leading pro-democracy activist Alaa Abdel-Fattah, who is on a hunger and water strike, at the COP27 U.N. Climate Summit, Tuesday, Nov. 8, 2022, in Sharm el-Sheikh, Egypt. (AP Photo/Nariman El-Mofty)
Des manifestants réclament la libération d'Alaa Abdel Fattah lors de la COP 27, le 9 novembre. ©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Icône de la révolution de 2011, Alaa Abdel Fattah a entamé une grève de la faim depuis le 2 avril. Il n’ingurgitait qu’une cuillère de miel et un verre de miel par jour. Depuis dimanche, jour d’ouverture de la COP 27, il a tout simplement cessé de s’alimenter et de boire. Une affaire qui embarrasse le gouvernement égyptien, hôte de la Conférence onusienne, confronté à une vague de demandes pour la libération de l’opposant.

Ainsi en va-t-il d’Emmanuel Macron ou encore de Rishi Sunak, plaidant pour la liberté de ce citoyen égypto-britannique. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a aussi "regretté profondément que les autorités égyptiennes n’aient toujours pas libéré le blogueur et militant" dont "la vie est en grand danger". Lundi, trois journalistes égyptiennes ont annoncé entamer une grève de la faim pour réclamer sa libération ainsi que celle de "tous les détenus d’opinion" – plus de 60 000 en Egypte, selon les ONG.

Un représentant du régime expulsé de la COP

Le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukri, président de la COP27, a assuré à la télévision CNBC qu’Alaa Abdel Fattah "bénéficie de tous les soins nécessaires en prison". Autant d’affirmations rejetées par les proches de M. Abdel Fattah, dont sa sœur Sanaa Seif, présente à Charm el-Cheikh où elle multiplie les rencontres avec des responsables et les interviews. "Nous savons qu’ils (les dirigeants, NdlR) seraient heureux qu’il meure. Ils ne veulent juste pas que cela arrive pendant que le monde regarde. Mais le monde est en train de regarder”, a-t-elle lancé selon un journaliste britannique sur place mardi. Au même moment, un député pro-régime a tenté de l’empêcher de s’exprimer avant d’être expulsé de la salle par un membre des forces de sécurité de l’ONU.