Après la RDC, le pape est attendu au Soudan du Sud

Le pape François est attendu vendredi pour une visite de trois jours au Soudan du Sud, après une première étape en République démocratique du Congo (RDC), afin de promouvoir la paix et la réconciliation dans le plus jeune pays du monde, déchiré par la guerre civile et l'extrême pauvreté.

<p>Le Pape François salue depuis sa papamobile au stade des Martyrs à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), le 2 février 2023</p>
Le pape François est attendu vendredi pour une visite de trois jours au Soudan du Sud, après une première étape en République démocratique du Congo (RDC), afin de promouvoir la paix et la réconciliation dans le plus jeune pays du monde, déchiré par la guerre civile et l'extrême pauvreté. ©AFP
<p>Le pape François participe à une réunion de prière à la cathédrale Notre-Dame-du-Congo à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), le 2 février 2023</p>
<p>Le pape François participe à une réunion de prière à la cathédrale Notre-Dame-du-Congo à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), le 2 février 2023</p> ©AFP

Le "pèlerinage de paix" est la toute première visite d'un souverain pontife au Soudan du Sud depuis que la nation à prédominance chrétienne a obtenu son indépendance du Soudan à majorité musulmane en 2011 après des décennies de conflit.

La guerre civile qui a fait rage entre 2013 et 2018 a fait 380.000 morts et des millions de déplacés.

Attendu à 15H00 (13H00 GMT), le jésuite argentin rendra une visite de courtoisie au président et aux vice-présidents puis prononcera un premier discours au palais présidentiel devant les autorités et le corps diplomatique.

Ce déplacement du pape François fait suite à une visite de quatre jours en RDC, en proie dans l'est à une offensive armée de groupes rebelles.

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Des foules ont commencé à se rassembler le long des rues de la capitale sud-soudanaise Juba, quelques heures avant l'arrivée du pape, agitant le drapeau national et brandissant des banderoles.

Certaines personnes portaient des vêtements traditionnels ou des vêtements religieux, tandis que d'autres poussaient des youyous, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette visite - la cinquième de François en Afrique - était initialement prévue pour 2022 mais avait dû être reportée en raison de problèmes au genou du pape.

A Juba, le pape sera accompagné des chefs des Eglises d'Angleterre et d'Ecosse, représentants des deux autres confessions chrétiennes de ce pays de 12 millions d'habitants.

L'Eglise joue un rôle de substitution dans des zones sans aucun service gouvernemental et où les humanitaires sont souvent attaqués, voire tués.

Crimes de guerre

<p>Des fidèles posent pour une photo après la rencontre avec le Pape François au Stade des Martyrs à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), le 2 février 2023</p>
<p>Des fidèles posent pour une photo après la rencontre avec le Pape François au Stade des Martyrs à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), le 2 février 2023</p> ©AFP

"Je suis très excitée de le voir", a déclaré à l'AFP Hanah Zachariah, 20 ans, l'une des dizaines de pèlerins qui ont marché neuf jours de la ville de Rumbek à Juba, un voyage d'environ 400 kilomètres pour tenter d'apercevoir le pape.

En 2019, un an après un accord de paix, François avait reçu les deux frères ennemis au Vatican et s'était agenouillé pour leur embrasser les pieds en les suppliant de faire la paix, un geste symbolique fort qui avait marqué les esprits.

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Mais les appels du souverain pontife à la réconciliation n'ont pas été suivis d'effets et la violence perdure.

Jeudi, à la veille de son arrivée, au moins 21 personnes ont été tuées lors d'un vol de bétail dans le sud du pays.

Beaucoup espèrent que ce déplacement va mettre un terme aux affrontements. "Nous avons beaucoup souffert. Maintenant, nous voulons parvenir à la paix", a déclaré Robert Michael, un homme d'affaires de 36 ans, sous l'un des nombreux panneaux d'affichage à Juba accueillant le pape.

Quelque 5.000 policiers et soldats supplémentaires ont été déployés dans les rues, ont annoncé des responsables de la sécurité tandis que vendredi a été décrété férié dans le pays.

Cruelles atrocités

Avant son départ, le pape - qui semblait fatigué - a prononcé un dernier discours devant les évêques de RDC. Il les a invités à ne pas se limiter à l'"action politique" pour se concentrer sur le peuple, dans un pays où l'Eglise fait traditionnellement office de contre-pouvoir, au-delà de son rôle clé dans l'éducation, la culture ou la santé.

A Kinshasa, capitale du plus grand pays catholique d'Afrique, le souverain pontife a multiplié les condamnations des violences meurtrières à l'est, appelé les dirigeants à mettre fin à la corruption et les jeunes à être "acteurs" de l'avenir du pays.

Très attendue, cette visite entourée d'une immense ferveur a été marquée mercredi par une séquence chargée d'une vive émotion lors de laquelle François a lancé un "vibrant appel" devant les "cruelles atrocités" perpétrées dans l'est du pays, après avoir entendu les témoignages de victimes.

"Vos larmes sont mes larmes, votre souffrance est ma souffrance", a déclaré François, qui entend attirer l'attention sur les drames frappant certaines "périphéries" du monde.

Le souverain pontife s'est également "indigné" de "l'exploitation, sanglante et illégale, de la richesse" de la RDC, où les violences de groupes armés ont tué des centaines de milliers de personnes et jeté des millions d'autres sur les routes.

Il devait lui-même se rendre dans l'est du pays, à Goma, mais cette étape a été supprimée en raison des risques pour sa sécurité.

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