Depuis la création de cette commission en 2018, Zuma multiplie les manœuvres pour éviter de témoigner, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence.

Le 28 janvier, la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud, plus haute juridiction du pays, lui avait "enjoint de comparaître et de témoigner devant la commission", ajoutant qu’il n’avait "pas le droit de garder le silence pendant cette procédure".

"Aucune coopération de ma part"

La commission "ne peut attendre aucune coopération de ma part dans aucune des procédures à venir", a rétorqué lundi l’ancien Président (2009-2018) dans un communiqué. "La colère qui a frappé ma personne ne connaît aucune limite", accuse-t-il, affirmant que ses enfants et associés ont également été "visés et harcelés" avec la fermeture de leurs comptes en banque. Il s’est dit prêt à ce que "le droit suive son cours", sans craindre d’être arrêté, jugé ou incarcéré.

Il a également fustigé la décision de la Cour constitutionnelle. "Il est clair que les lois de ce pays sont politisées, jusque dans la plus haute cour de ce pays", écrit-il. L’administration en place est toujours celle de l’ANC (African National Congress, de Nelson Mandela), son propre parti.

Traité comme "un accusé" et non un témoin

"Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour viendrait où un gouvernement démocratique en Afrique du Sud […] se comporterait comme le gouvernement de l’apartheid en créant des procédures judiciaires pour viser spécifiquement des individus", accuse-t-il.

Jacob Zuma, 78 ans, n’a témoigné qu’une seule fois devant la commission, en juillet 2019. Mais il s’était retiré au bout de quelques jours, considérant qu’il était traité comme un "accusé" et non comme un témoin. Il avait comparu une autre fois, en novembre 2020, mais sans jamais prendre la parole.

L’ancien président demande notamment la récusation du juge Raymond Zondo, qui dirige la commission d’enquête et qu’il accuse d’être partial.

Englué dans les scandales, Jacob Zuma avait été poussé à la démission et remplacé par Cyril Ramaphosa (ANC), qui a promis d’éradiquer la corruption.

La commission d’enquête, qui devait initialement siéger jusqu’en mars, doit demander une prolongation en raison du retard causé par la pandémie de Covid-19.

Elle a déjà entendu des dizaines de ministres ou ex-ministres, élus, hommes d’affaires ou hauts fonctionnaires qui ont déballé au grand jour le linge sale de l’ère Zuma. (AFP)