La première audience se tiendra dans l'après-midi au tribunal de Sidi M'hamed à Alger.

Arrêté en mars, M. Drareni, 40 ans, est le directeur du site d'information en ligne Casbah Tribune et le correspondant de la chaîne de télévision française TV5Monde et de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) en Algérie.

Incarcéré au centre pénitentiaire de Kolea, près d'Alger, il a été placé en détention préventive le 29 mars.

M. Drareni est accusé "d'incitation à un attroupement non armé et d'atteinte à l'intégrité du territoire national" après avoir couvert début mars à Alger une manifestation du "Hirak", le soulèvement populaire qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa suspension il y a quelques mois en raison de l'épidémie de Covid-19. Il risque jusqu'à 10 ans de prison.

Khaled Drareni est jugé aux côtés de deux figures du "Hirak", Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, qui sont, eux, en liberté conditionnelle.

Plusieurs ONG de défense des droits humains et de la liberté de la presse, algériennes et internationales, ont exhorté ces derniers mois les autorités algériennes à libérer Khaled Drareni et à mettre fin au "harcèlement ciblé des médias indépendants".

La justice algérienne a multiplié les poursuites judiciaires et les condamnations de militants du "Hirak", d'opposants politiques, de journalistes et de blogueurs.

L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a dégringolé de 27 places par rapport à 2015 (119e).