L'Assemblée nationale burundaise a approuvé mardi la nomination par le président Évariste Ndayishimiye d'Alain-Guillaume Bunyoni, l'un des durs du régime, comme Premier ministre, en l'absence des députés du principal parti d'opposition qui ont boycotté la séance. 

"Le Commissaire de police général Alain-Guillaume Bunyoni a été approuvé par 92 voix pour et 2 contre sur les 94 députés votants", a annoncé le président de l'Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, à l'issu du vote.

Le poste de Premier ministre est nouveau. Il a été créé à la faveur de la nouvelle Constitution adoptée en 2018. Le président burundais était jusque-là secondé de deux vice-présidents, l'un en charge des affaires politiques et militaires, l'autre des affaires économiques et sociales.

Plus haut gradé de la police burundaise, le commissaire de police général Bunyoni était déjà considéré comme le véritable numéro deux du régime depuis la crise politique de 2015 et le chef de file des durs parmi le groupe de généraux qui contrôlent le pouvoir burundais.

Elu en mai, le président Ndayishimiye a été investi jeudi, deux mois plus tôt que prévu, après la mort de son prédécesseur Pierre Nkurunziza, décédé subitement le 8 juin, à l'âge de 55 ans après 15 années au pouvoir, officiellement d'un "arrêt cardiaque".

Le gouvernement a annoncé mardi que M. Nkurunziza serait inhumé vendredi à Gitega, la capitale administrative du pays.

La nomination de M. Bunyoni est "un très mauvais signal" et signifie "une plus grande emprise des généraux sur le pouvoir, un renforcement de l'impunité des crimes et un défi à la communauté internationale", a estimé l'une des figures de la société civile en exil, Pacifique Nininahazwe.

M. Bunyoni, qui était jusque-là ministre de la Sécurité publique, fait l'objet de "sanctions des États-Unis depuis 2015 pour son rôle dans la répression sanglante en cours dans le pays", a-t-il rappelé dans un entretien avec l'AFP.

La candidature très controversée de M. Nkurunziza à un troisième mandat en avril 2015 avait débouché sur une crise politique qui a fait plus de 1.200 morts et conduit 400.000 Burundais à l'exil.

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