Des rebelles ont attaqué lundi des bureaux de vote, au lendemain de la présidentielle et des législatives qui ont eu lieu dimanche en Centrafrique. Ils y ont détruit des urnes pleines de bulletins de vote, qui attendaient d’être acheminées vers la capitale, Bangui, rapporte l’AFP. Ces attaques ont eu lieu notamment à Carnot, Nola et Bambari.

Sept ans de guerre civile

Ces attaques semblent n’avoir fait aucun blessé, mais elles achèvent de détruire la crédibilité des scrutins de dimanche, soutenus par la communauté internationale, désireuse de faire comme si les choses s’amélioraient.

L’ex-colonie française a sombré dans la guerre civile depuis le renversement du général François Bozizé, en 2013, après dix ans à la tête de l’État. Il est responsable de violences depuis 1979, sous l’empereur Bokassa. En 2013, il avait dû fuir le pays sous la pression de la coalition Seleka, réunissant divers mouvements rebelles à majorité musulmane. Cela avait suscité une opposition anti-musulmane, les "anti-balakas".

Depuis lors, le pays est, aux deux tiers, aux mains de différents groupes armés s’alliant et se disputant, à l’image de la classe politique centrafricaine. Un Président mal élu, Faustin-Archange Touadéra, est en place depuis 2016, mais ne contrôle pas beaucoup plus que Bangui et ses alentours.

La crédibilité des scrutins de dimanche était déjà très compromise par l’impossibilité, pour des dizaines de milliers d’électeurs, de participer au vote. Soit parce que les bureaux n’ont pas ouvert en raison de l’insécurité. Soit parce que les cartes d’électeurs ne sont jamais arrivées en raison de l’absence de contrôle sur le pays. Soit parce que les bureaux de vote ont dû fermer sous la menace de rebelles. Soit parce que les électeurs ne se sont pas présentés, par peur de représailles. Soit parce qu’ils obéissaient au mot d’ordre de boycott lancé par François Bozizé.

"Des petits soucis sécuritaires"

En outre, l’opposition civile accuse le régime Touadéra d’avoir organisé des fraudes. L’Autorité nationale des élections, en ne reconnaissant que "des petits soucis sécuritaires dans quelques endroits", n’a rien fait pour rassurer sur la transparence des scrutins.

Non seulement ceux-ci ne sont pas crédibles, mais ils ont relancé la violence. En effet, c’est après que la candidature à la présidentielle de François Bozizé a été rejetée par la Cour constitutionnelle, que des milices "anti-balakas" qui lui sont favorables se sont alliées avec deux autres mouvements armés pour marcher sur Bangui.