M. Boukadoum a rencontré son homologue tunisien Othman Jarandi, nommé début septembre, ainsi que le Premier ministre Hichem Mechichi et le président tunisien Kais Saied. Ils ont évoqué une visite "prochaine" du président algérien Abdelmadjid Tebboune à Tunis, selon le communiqué de la présidence tunisienne. M. Boukadoum a indiqué à l'issue de ces rencontres qu'il avait été "convenu de poursuivre les efforts conjoints en vue d'une solution politique, loin des ingérences étrangères, à travers un dialogue global et constructif entre les Libyens eux-mêmes".

Sur la crise en Libye, Alger et Tunis ont "enregistré une convergence de vues autour du rôle des deux pays dans le rapprochement des vues des parties libyennes", selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères publié lundi soir.

Les deux parties ont relevé "l'importance d'aller dans le sens d'une solution politique qui préserve l'unité de la Libye, sa sécurité et sa stabilité, loin de toute ingérence étrangère, et ce à travers un dialogue inclusif, constructif et réel entre les enfants d'un même pays", a souligné le communiqué algérien. Il s'agit de la troisième visite de M. Boukadoum à Tunis depuis sa nomination en mars 2019.

Alger, qui craint l'instabilité grandissante à sa frontière, tente de relancer une médiation entre les camps rivaux en Libye dans un conflit qui menace la stabilité régionale sur fond d'implications étrangères croissantes.

La Libye est déchirée depuis 2015 entre deux pouvoirs, disposant chacun de soutiens étrangers: le Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, et un pouvoir incarné par l'homme fort de l'Est, le maréchal Khalifa Haftar.

Les autorités tunisiennes ont affiché dernièrement un front désuni mais observent traditionnellement une position neutre sur le conflit en Libye.