"Nous demandons le rétablissement du président Ibrahim Boubacar Keita en tant que président de la République" du Mali, a déclaré le chef de l'Etat nigérien Mahamadou Issoufou qui assure la présidence de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), à la fin de ce sommet virtuel. "Nous décidons de dépêcher immédiatement une délégation de haut niveau pour assurer le retour immédiat de l'ordre constitutionnel", a-t-il ajouté.

"Le Mali est dans une situation critique, avec des risques graves qu'un affaissement de l'Etat et des institutions n'entraîne des revers dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, avec toutes les conséquences pour l'ensemble de notre communauté. C'est dire que ce pays a plus que jamais besoin de notre solidarité", a poursuivi le président nigérien, rappelant aux putschistes "leur responsabilité sur la sûreté et la sécurité du président Ibrahim Boubacar Keita et des officiels arrêtés".

La Cédéao va mener des discussions et "faire comprendre aux responsables de la junte militaire que les temps de prise de pouvoir par la force sont révolus dans notre sous-région", a ajouté le président Issoufou, demandant "la mise en oeuvre immédiate d'un ensemble de sanctions contre tous les militaires putschistes et leur partenaires et collaborateurs".

La Cédéao a d'ores et déjà condamné le coup d'Etat ayant renversé mardi le président Keïta et suspendu le Mali de ses organes de décision.

Le président Keïta, dit "IBK", élu en 2013 puis réélu en 2018 pour cinq ans, faisait face depuis des mois à une contestation sans précédent depuis le coup d'Etat de 2012.

Il a été arrêté par des militaires putschistes avec son Premier ministre Boubou Cissé et d'autres responsables civils et militaires. Tous étaient toujours détenus jeudi à la mi-journée.

IBK a été contraint d'annoncer sa démission et la dissolution de l'Assemblée nationale et du gouvernement dans la nuit de mardi à mercredi.

Les militaires, pour la plupart des hauts gradés, ont annoncé dans la foulée que le pays était dorénavant dirigé par un Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec à sa tête un colonel, Assimi Goïta, et a promis d'organiser des élections dans un "délai raisonnable".