C’est avec beaucoup de retard que l’Assemblée nationale congolaise a commencé, jeudi, l’examen de six pétitions contre les six membres de son bureau, présidé par Jeanine Mabunda. Il semblerait que ce retard soit dû au strict contrôle des personnes accédant à la salle des congrès du Palais du Peuple, afin d’éviter une répétition des bagarres à coups de chaise qui avaient, mardi, jeté la honte sur les “honorables” députés, et qui avaient mis aux prises des députés et militants tshisekedistes d’une part et des députés et militants kabilistes de l’autre.

Les tshisekedistes avaient annoncé que plus de 300 députés se présenteraient jeudi. Pari gagné puisque, finalement, 486 députés étaient présents, selon le bureau provisoire.

Selon notre confrère Politico.cd, les différentes pétitions avaient recueilli entre 229 et 250 signatures chacune, pour un total de 500 députés. La pétition la plus signée était celle demandant le départ de Jeanine Mabunda. Invitée à s’exprimer devant l’Assemblée pour se défendre, avant le vote sur son départ, elle s’est excusée pour ses actes ou propos qui auraient pu blesser quelqu’un (on lui a reproché notamment de traiter les députés de manière “hautaine”) mais a assuré avoir fait son travail conformément aux règles, contrairement aux accusations portées contre elle. Applaudie par une partie de la salle et huée par une autre, elle a été destituée par 281 voix.

La Présidence veut contrôler la police

Alors qu’on attendait l’issue de ce bras de fer institutionnel, le président Félix Tshisekedi assure ses arrières. Selon la copie d’un document du commandement général de la police congolaise, arrivée à La Libre Belgique, son chef, Dieudonné Amuli Bahigwa, a transmis ce mercredi 9 décembre à tous les commandements provinciaux “les instructions strictes du commandant suprême”, le chef de l’État, sur le déplacement des officiers généraux et supérieurs de la police nationale. “Désormais aucun officier de ces catégories ne peut quitter une province vers une autre sans l’aval préalable du commandant suprême et cela à travers une autorisation formellement signée par la Maison militaire du président de la République.”

Félix Tshisekedi entend vraisemblablement ainsi éviter tout appel à Kinshasa de forces hostiles casernées en province.