Des djihadistes liés à l’État islamique (EI ou Daech) dans le nord-est du Nigeria ont attaqué lundi une base de l’Onu dans la ville de Dikwa et tentaient encore mardi à la mi-journée de pénétrer dans un espace sécurisé où se sont réfugiés 25 travailleurs humanitaires.

Des combattants du groupe État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ont envahi Dikwa lundi soir, attaquant un camp militaire et une base de l’Onu, ont affirmé à l’AFP un responsable de l’armée et une source humanitaire sous couvert d’anonymat.

25 employés dans un bunker

"Les terroristes d’Iswap ont lancé une attaque simultanée sur un super-camp (base militaire) et sur une base humanitaire de l’Onu", selon la source militaire. "La base des humanitaires a été incendiée par les combattants mais jusqu’ici aucun employé n’a été touché", a déclaré à l’AFP la source humanitaire. "Nous avons 25 employés qui ont trouvé refuge dans un bunker, que les insurgés tentent actuellement d’envahir", a-t-elle précisé, confirmant des informations du responsable de l’armée. Des renforts militaires basés dans la ville de Marte, à 40 kilomètres, ont été dépêchés sur place pour aider à repousser les djihadistes, a précisé la source humanitaire. "Deux avions et un hélicoptère apportent un soutien aérien, afin de faire fuir les djihadistes de la base humanitaire", a-t-on ajouté.

Une scission de Boko Haram

Le nord-est du Nigeria est en proie à un conflit meurtrier depuis les premières attaques des djihadistes de Boko Haram en 2009. En 2016, le groupe s’est scindé, avec, d’un côté, la faction historique et, de l’autre, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), reconnu par le groupe État islamique.

Le conflit, qui a tué plus de 36 000 personnes et déplacé plus de 2 millions d’autres, s’enlise. Depuis la fin de l’année 2020, les attaques meurtrières se sont intensifiées dans la région, poussant le président Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques, à remplacer fin janvier les quatre principaux chefs de l’armée.

Le Président, ancien général putschiste dans les années 1980, avait été élu en 2015 sur la promesse d’écraser cette rébellion djihadiste. Mais, six ans plus tard, Boko Haram et Iswap contrôlent toujours de vastes zones rurales ainsi que des routes stratégiques. (AFP)