Des dizaines de jeunes gens, mineurs pour la plupart, ont été arrêtés suite à des troubles nocturnes dans la capitale Tunis et dans d’autres villes du pays. Et ce malgré un confinement général de quatre jours instauré de jeudi à dimanche pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Ces troubles, dont les motifs exacts ne sont pas connus dans l’immédiat mais qui coïncident avec un renforcement du confinement et du couvre-feu, interviennent toutefois dans un contexte d’instabilité politique et de problèmes socio-économiques en Tunisie, dix ans après la chute du président Zine El Abidine Ben Ali sous la pression d’un soulèvement populaire.

Samedi, le Premier ministre Hicham Mechichi avait profondément remanié son gouvernement. L’opération a concerné onze portefeuilles, avec l’objectif de produire un travail "plus efficace".

Mechichi a nommé Walid Dhabi comme nouveau ministre de l’Intérieur, après avoir limogé il y a une dizaine de jours Taoufik Charfeddine, proche du président Kaïs Saïed, une décision soulignant les tensions entre les deux dirigeants. Le gouvernement remanié doit être approuvé par le Parlement.

La classe politique, plus fragmentée que jamais depuis les élections législatives de 2019, se déchire alors que l’urgence sociale s’accentue avec la pandémie de coronavirus (177 231 cas dont 5 616 décès), qui s’ajoute à la hausse des prix, la persistance du chômage et la défaillance croissante des services publics.

Échec de la classe politique

Dès vendredi soir et dans la nuit de samedi à dimanche, des dizaines de jeunes bravant le couvre-feu sont sortis dans la rue. Ils ont cassé des façades de commerces, des voitures, commis des actes de pillage, et lancé des pierres contre la police, a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khaled Hayouni. Des dizaines de jeunes, en majorité des mineurs âgés entre 14 et 17 ans, ont été arrêtés, a ajouté M. Hayouni, en appelant les parents à surveiller leurs enfants.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des jeunes dans plusieurs villes du pays brûlant des pneus, insultant la police, forçant des portes de commerces et volant de l’électroménager.

Les violences ont eu lieu dans des quartiers populaires notamment à Tunis, Bizerte, Menzel Bourguiba (Nord), Sousse… Sur les réseaux sociaux, certains Tunisiens ont attribué ces violences à l’échec de la classe politique à améliorer la situation, d’autres ont appelé à trouver "les parties derrière" ces troubles en les accusant de vouloir "créer le chaos".