Vingt nouveaux cas de fièvre hémorragique Ebola ont été enregistrés en trois jours dans l'est de la République démocratique du Congo, près de zones où la lutte contre l'épidémie est "paralysée" par l'insécurité, ont indiqué jeudi les autorités sanitaires. 

Il s'agit d'une nette hausse des nouveaux cas de transmission, qui étaient tombés à "10 par semaine", avait déclaré le 22 novembre à l'AFP le responsable congolais des équipes anti-Ebola Jean-Jacques Muyembe. La flambée des 20 nouveaux cas a été répertoriée entre lundi et mercredi aux confins des provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu.

Dix nouveaux cas ont été enregistrés dans la seule journée de mercredi au Nord-Kivu, à Mabalako. Six autres avaient été notifiés mardi, dont "trois tradipraticiens" (médecins traditionnels), selon le Comité multisectoriel de la riposte à l'épidémie (CMRE).

L'activité de la riposte anti-Ebola est "paralysée" dans trois zones de santé (Beni, Biakato, Mangina) pour "des raisons sécuritaires", ajoute le CMRE.

Le 28 novembre, une chargée de la vaccination et deux chauffeurs ont été tués dans une attaque contre une installation des équipes anti-Ebola à Biakato (Ituri). Un policier a été tué dans une attaque simultanée à Mangina (Nord-Kivu).

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) puis l'ONG Médecins sans frontières (MSF) ont retiré leurs équipes non congolaises de Biakato.

"Ebola était en retrait. Ces attaques vont redonner de la vigueur à l'épidémie, et par conséquent plus de gens vont mourir", avait déploré le directeur général de l'OMS, le docteur Tedros Adhanom Gebreyesus, après la double attaque de Biakato-Mangina.

Jeudi matin à Kinshasa, huit confessions religieuses ont pris l'engagement "de sensibiliser les groupes armés et des jeunes qui s'attaquent régulièrement aux installations et aux agents de la riposte à la maladie à virus Ebola, en utilisant des canaux existants".

Au total, 2.210 personnes sont mortes de l'épidémie Ebola depuis la déclaration de l'épidémie le 1er août 2018.