Mardi en fin de matinée, le centre-ville était embouteillé, tandis que des piétons circulaient presque comme à l'ordinaire, au milieu des klaxons et de la poussière. Une partie des magasins et commerces a rouvert ses portes.

Les imposants 4X4 des ONG ont fait leur retour dans les rues de la ville. Devant l'hôpital général, taxis-moto et véhicules roulaient, désormais complètement indifférents, aux fissures ouvertes sur la chaussée ces derniers jours par les tremblements de terre.

Ces séismes à répétition, qui fissuraient il y a encore une semaine les façades des maisons et ont fait s'effondrer plusieurs bâtiments à étages, ne se font quasiment plus ressentir.

Sur ordre des autorités, les habitants de Goma avaient évacué la ville le 27 mai vers les régions environnantes. Près de 400.000 personnes ont été déplacées.

Françoise Habimana avait fui au Rwanda avec ses trois enfants, jusqu'à Kigali dans une famille d'accueil. Elle a choisi de rentrer ce mardi, expliquait-elle à l'AFP à la "petite barrière", l'un des poste-frontière entre les deux pays, où des dizaines de familles remplissaient les formalités auprès des services de migration pour revenir au pays.

"J'ai jugé mieux de revenir aujourd'hui", a déclaré une autre Congolaise de retour, Béatrice Wakandwa. "Vivre seul au Rwanda, c'était un peu difficile, même si on a été bien accueilli. Je n'ai pas le choix, arrivera ce qui arrivera, je préfère revenir à Goma avec ma famille".

Mardi, la cellule de crise mise en place par les autorités de la province du Nord-Kivu (dont Goma est la capitale) a estimé que "nous demeurons toujours dans la phase rouge", et que donc les populations n'étaient pas supposées revenir dans la ville.

"Les données scientifiques de ce jour font état de 71 tremblements de terre enregistrés dont la majorité n'a pas été ressentie par la population. Une légère baisse de la séismicité a été observée comparativement à la journée d'hier; cependant, le danger est permanent", selon cette cellule de crise.

"Nous recommandons donc à la population de rester vigilante, à l'écoute des informations et d'observer strictement les mesures arrêtées par les autorités provinciales car nous demeurons toujours dans la phase rouge", a souligné la cellule de crise.