Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé mercredi le lancement d’une opération militaire contre la région du Tigré (nord). La tension est montée d’un cran ces derniers jours entre le gouvernement fédéral et le gouvernement régional du Tigré, qui ne reconnaît plus l’autorité d’Addis Abeba depuis le report, pour cause de Covid-19, des élections nationales prévues en août.

Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le parti au pouvoir dans cette région d’Éthiopie - et qui a monopolisé le pouvoir à Addis Abeba pendant 30 ans avant l’arrivée d’Abiy Ahmed - "a attaqué un camp militaire (fédéral) dans le Tigré", a accusé le Premier ministre dans un texte posté sur Facebook et sur Twitter.

Selon Redwan Hussein, porte-parole de la cellule de crise mise sur pied par le gouvernement "l’objectif militaire est, premièrement, de maintenir la loi et l’ordre, ensuite de libérer le peuple tigréen". Le gouvernement veillera à "impliquer les populations du Tigré dans leur propre libération, à ne pas être des victimes et servir de bouclier au […] petit gang du TPLF" qui "ne représente pas" la population locale.

Dans une adresse télévisée, M. Abiy a précisé que "des forces déloyales" s’étaient retournées contre l’armée à Mekele, capitale du Tigré, et Dansha, ville de l’ouest de la région. L’assaut à Dansha a été "repoussé" par des forces de sécurité de la région Amhara, qui borde le sud du Tigré, a-t-il ajouté. L’attaque a fait "de nombreux morts, des blessés et des dégâts matériels".

Le bureau du Premier ministre a accusé le TPLF d’avoir habillé ses soldats avec des uniformes semblables à ceux de l’armée de l’Érythrée voisine, afin "d’impliquer le gouvernement érythréen dans les fausses revendications d’agression contre le peuple du Tigré".

Dans un communiqué diffusé sur les médias régionaux, le gouvernement du Tigré a déclaré que les gradés et les soldats dépendant du Commandement-Nord de l’armée éthiopienne, basé à Mekele, "ont décidé d’être aux côtés du peuple du Tigré et du gouvernement régional".

Le Tigré abrite "plus de la moitié de l’ensemble du personnel des forces armées et des divisions mécanisées" du pays, selon International Crisis Group.