La Banque centrale achète cependant l’or à un taux défavorable.

Le ministre burundais de l’Hydraulique, de l’Énergie et des Mines, Côme Manirakiza, a rendu publique, lundi 25 novembre, sa décision de "suspendre" l’achat et la vente d’or par les comptoirs.

Selon son communiqué de presse, seule la banque centrale, la BRB, sera autorisée à acheter l’or aux coopératives d’artisans. Celle-ci avait déjà ordonné, le 15 octobre, aux comptoirs et coopératives d’exploitation artisanale, de lui vendre leur or, y compris les stocks. Certains soulignent que la BRB n’achète le métal précieux qu’en francs burundais et à un taux défavorable. En raison de la crise provoquée par le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, l’État a un important besoin d’argent.

Le communiqué du ministre des Mines ne précise pas la situation de Tanganyika Gold, une coentreprise russo-burundaise d’extraction et raffinage de l’or, dans laquelle "l’État burundais" dispose de 15 %, selon le site internet de la société. Il y est représenté par Tony-Dorcel Ndaboroheye.

Tanganyika Gold a reçu en septembre 2017, pour 25 ans, une concession de "420 mètres carrés", selon le site de l’entreprise, à Mabayi, en province de Cibitoke, frontalière avec le Rwanda et proche du Congo. C’est la première mine industrielle du pays qui, jusque-là, tirait son or de creuseurs artisanaux et, surtout, de contrebande depuis le Congo.

Les orpailleurs artisanaux ont été priés de déguerpir du site , qui faisait vivre la population locale. Il n’est pas clair si la production, annoncée pour 2018, a déjà démarré. La construction de l’entreprise a été lancée le 31 octobre 2017 par le président Nkurunziza, qui a annoncé que le site recelait "plus de 14 tonnes d’or, 16 tonnes d’argent et 36 000 tonnes de cuivre". Selon son site internet, la société est associée aux Chinois de Xinhai et Hanfa et aux Sud-Africains de MSA.