"Le congrès vient de me désigner candidat du Kwa Na Kwa à la prochaine élection présidentielle (...) J'accepte solennellement la mission que vous me confiez", a déclaré M. Bozizé lors d'un discours prononcé devant ses partisans et retransmis en direct sur Facebook.

Après six années d'exil à l'étranger, François Bozizé est revenu mi-décembre en catimini à Bangui, juste un an avant le scrutin présidentiel. Arrivé par la force à la tête de la Centrafrique en 2003, ce général de l'armée avait été renversé dix ans plus tard par une coalition de mouvements rebelles, appelée la Séleka.

Ce coup d'Etat avait plongé le pays dans une guerre civile, marquée par de violents affrontements communautaires entre la Séléka et les milices antibalaka, apparues pour soutenir le président déchu.

M. Bozizé est toujours sanctionné par les Nations unies pour son rôle dans la crise de 2013 au cours de laquelle il est accusé d'avoir soutenu des milices antibalaka.

La Centrafrique, l'un des pays les plus pauvres du monde, est dirigé depuis 2016 par Félix Archange Touadera, probable candidat à sa réélection.

Ce scrutin, prévu en décembre, est considéré comme à haut risque: les deux tiers du pays sont toujours contrôlés par des groupes armés, malgré un accord de paix signé en février 2019 à Khartoum entre le gouvernement et 14 milices.

Lors de son discours, M. Bozizé a dépeint "un tableau aussi sombre que traumatisant" de son pays. Il a fustigé "l'absence de démocratie", "la montée des tribalismes", "la gravité de la situation sécuritaire" et "l'absence totale d'autorité de l'Etat".

M. Bozizé s'est présenté comme le candidat "de la réconciliation nationale et de l'unité", appelant au "rassemblement" d'autres partis derrière sa candidature.