Le gouvernement a affirmé dimanche que six enfants ont été "assassinés" samedi "par des bandes armées terroristes sécessionnistes".

Un bilan fourni par l'ONU faisait état samedi soir d'au moins huit enfants tués et douze autres blessés par des tirs et des machettes.

L'attaque a été menée samedi matin par une dizaine d'hommes, munis d'armes de guerre, qui ont fait irruption en moto dans l'enceinte du complexe scolaire privé dénommé Mother Francisca International Bilingual Academy avant d'ouvrir froidement le feu sur des élèves dans leur classe.

Depuis près de trois ans, des groupes séparatistes et l'armée s'affrontent dans les deux régions camerounaises du nord-ouest et du sud-ouest, où vit l'essentiel de la minorité anglophone, dont une partie s'estime marginalisée par la majorité francophone du pays.

Dimanche, une douzaine d'enfants blessés, dont certains sont entre la vie et la mort, étaient soignés dans les hôpitaux de la région, notamment ceux de Kumba, Buea et Mutengene.

Une équipe de Médecins Sans Frontières (MSF) a pris en charge dix d'entre eux, âgés de dix à quinze ans, dont sept étaient dans un état grave, blessés par balle, selon Alberto Jodra, coordinateur MSF dans la région du Sud-Ouest, actuellement à Kumba.

"Dans la ville, hier et aujourd'hui, les gens étaient vraiment touchés par cette attaque ciblant des civils et des structures qui ne devraient jamais être des cibles. Ce qui s'est passé hier est au-delà de la compréhension de quiconque", a-t-il confié dimanche à l'AFP. "Il y a de la colère, mais il y a aussi de la peur par rapport à ce qui va se passer maintenant. La violence va s'intensifier et la population civile sera au milieu, malheureusement", a ajouté M.Jodra.

Plusieurs dizaines de manifestants, principalement des femmes, se sont rassemblés dimanche dans la ville meurtrie pour dire "Non aux tueries et aux assassinats", chantant et marchant "contre la violence".