Deuxième attaque mortelle en trois jours dans le nord du pays.

Les islamistes qui sèment la terreur depuis plus de deux ans dans le nord du Mozambique ont attaqué mercredi la ville de Quissanga, en face de l’île touristique d’Ibo, leur deuxième opération d’envergure en trois jours.

"Ils sont entrés dans Quissanga à l’aube (mercredi)", a déclaré à l’AFP une source policière qui a requis l’anonymat.

"En vingt minutes, la police s’est rendue et ils ont pris le contrôle du quartier général de la police et l’ont détruit", a ajouté cette source depuis Macomia, près de Quissanga.

Sur une photo obtenue par l’AFP, huit personnes en tenues de camouflage et masquées posent, avec des armes, devant le commissariat de Quissanga partiellement incendié. L’une d’elles brandit un drapeau noir et blanc avec des inscriptions en arabe.

"Beaucoup de gens ont fui dans les mangroves et sur des bateaux pour essayer de rejoindre Pemba", la capitale de la province du Cabo Delgado, à une soixantaine de kilomètres plus au sud par la mer, a ajouté un journaliste originaire de Quissanga et basé à Pemba.

Aucun bilan de l’attaque n’était disponible dans l’immédiat.

Lundi, des islamistes présumés avaient déjà attaqué puis occupé une partie de la ville de Mocimboa da Praia, à quelque 200 km au nord de Quissanga, avant de s’en retirer.

Revendication de l’État islamique

Ils y ont détruit de nombreux bâtiments dont le siège du représentant du gouvernement, la mairie, plusieurs banques, des installations militaires et des véhicules officiels, selon une source militaire.

Mercredi, l’État islamique (EI) a revendiqué l’attaque sur Mocimboa de Praia, qui a fait, selon le groupe, "des dizaines de victimes". Aucun bilan n’est disponible de source indépendante ou gouvernementale.

Depuis juin, l’EI a endossé la responsabilité de plusieurs des raids meurtriers dans le nord du Mozambique, sans apporter toutefois de preuve tangible de son soutien logistique.

Des insurgés islamistes aux motivations mystérieuses opèrent depuis fin 2017 dans toute la province à majorité musulmane du Cabo Delgado, riche en gisements gaziers. Ils y multiplient les attaques meurtrières contre les villageois et les forces de sécurité. Selon des ONG et les Nations unies, ces violences ont fait plus de 700 morts, civils et militaires, et causé le déplacement d’au moins 100 000 personnes.