Le parti présidentiel au Mali était en tête des résultats des élections législatives de mars-avril, avec 43 députés sur 147 à l'Assemblée nationale, pour une participation de plus de 35%, selon les chiffres officiels provisoires publiés jeudi. 

Le parti présidentiel, le Rassemblement pour le Mali (RPM), est suivi d'un autre parti de la mouvance présidentielle, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), qui obtient 22 députés, selon ces résultats lus jeudi à Bamako par le ministre de l'Administration territoriale Boubacar Alpha Bah.

Vient ensuite la formation de l'ex-Premier ministre et principal opposant Soumaïla Cissé, l'Union pour la République et la démocratie (URD), avec 19 députés.

M. Cissé, qui figure parmi les députés élus, a été enlevé le 25 mars alors qu'il était en campagne dans sa zone d'origine, le centre du Mali.

La participation s'élevait à 35,33% selon ces résultats provisoires qui doivent être validés par la Cour constitutionnelle.

Après le RMP, l'Adema et l'URD, trio de tête, le reste des 63 sièges de l'Assemblée nationale se partage entre 18 autres formations parmi les 21 qui ont participé à ces législatives dont les premier et deuxième tour se sont tenus respectivement le 29 mars et le 19 avril.

Ces législatives avaient été maintenues malgré le contexte marqué par les violences djihadistes et le nouveau coronavirus. Le Mali a déclaré 258 cas confirmés dont 57 guéris et 14 décès.

L'enjeu du scrutin était de renouveler un parlement élu en 2013 et dont le mandat devait s'achever en 2018, et faire avancer l'application de l'accord de paix d'Alger. Celui-ci, signé en 2015 entre les groupes armés indépendantistes et Bamako, prévoit plus de décentralisation via une réforme constitutionnelle qui doit passer par l'Assemblée.

Le Mali a été confronté depuis 2012 à des insurrections indépendantiste puis djihadiste ainsi qu'à des violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Parties du nord du Mali, les violences se sont propagées au centre du pays et aux Burkina Faso et Niger voisins.

Les attaques contre les soldats et les civils alternent avec les explosions de mines artisanales. Vingt-cinq militaires, selon le gouvernement, ont été tués entre les deux tours dans une opération revendiquée par un groupe affilié à Al-Qaïda.