"En plus du Covid, 2020 a été extrêmement difficile pour moi parce que mon pays est en difficulté", a lancé Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant que "la guerre, la guerre dévastatrice" se déroule dans sa région d'origine, le Tigré, au nord de l'Ethiopie.

Début novembre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale à l'assaut des forces du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région et défiait son autorité depuis des mois. Les combats ont forcé des dizaines de milliers de civils à fuir et l'accès y est extrêmement difficile.

"J'ai de nombreux membres de ma famille (au Tigré) y compris mon plus jeune frère et je ne sais pas où ils sont. Je n'ai pas communiqué avec eux parce qu'il n'y a pas de communication", a raconté le directeur général, visiblement ému.

"Comme si le Covid n'avait pas été assez, j'ai aussi cette douleur personnelle. Je m'inquiète pour mon pays. Et bien sûr mon plus jeune frère et les membres de ma famille font partie de la société et je m'inquiète pour tout le pays, (...) parce que la situation empire", a-t-il dit.

Le gouvernement éthiopien l'avait accusé mi-novembre de militer en faveur des rebelles de sa région. M. Tedros a été ministre de la Santé de 2005 à 2012 dans le gouvernement de Meles Zenawi, chef historique du TPLF à l'époque parti tout-puissant et détenteur de tous les leviers de pouvoir à Addis Abeba.

"Certains rapports suggèrent que je prends parti dans cette situation. Ce n'est pas vrai et je tiens à dire que je ne suis que d'un seul côté, celui de la paix", avait rétorqué dans un tweet le patron de l'organisation onusienne.

Le docteur Tedros a néanmoins voulu finir sur une note plus positive en évoquant la naissance de sa petite-fille il y a deux mois.

"Bien que je m'inquiète pour ma petite-fille en voyant ces deux situation difficiles, en même temps quand je la regarde je vois l'espoir", a-t-il dit.