Le président algérien, Abdemadjid Tebboune, a décidé de dissoudre l'assemblée nationale et d'appeler à des élections législatives anticipées, jeudi soir dans un discours à la Nation très attendu. "J'ai décidé de dissoudre l'Assemblée populaire nationale (APN) pour appeler à des élections", a affirmé M. Tebboune qui a dit souhaiter "ouvrir ses portes à la jeunesse". Le chef de l'Etat algérien a par ailleurs annoncé un remaniement ministériel "dans les 48 heures au maximum".

"Ce remaniement concernera des secteurs qui enregistrent des déficits dans leur gestion ressentis par les citoyens et nous mêmes", a-t-il dit.

Il a également profité de ce discours pour décréter une grâce pour plusieurs dizaines de détenus du Hirak, le mouvement de contestation populaire né en février 2019.

"Le Hirak béni a sauvé l'Algérie. J'ai décidé d'accorder la grâce présidentielle à une trentaine de personnes pour lesquelles une décision de justice avait été rendue ainsi qu'à d'autres pour lesquelles aucun verdict n'a été prononcé. Entre 55 et 60 personnes rejoindront à partir de demain leur familles", a-t-il déclaré.

Quelque 70 personnes sont actuellement en prison en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien.

Cette annonce survient à la veille du 2e anniversaire du soulèvement populaire inédit qui a forcé l'ex-homme fort Abdelaziz Bouteflika à renoncer à un cinquième mandat présidentiel et à quitter le pouvoir.

De retour il y a une semaine d'Allemagne, où il était soigné pour des complications post-Covid, M. Tebboune avait tenu depuis des consultations avec six partis politiques, dont des formations de l'opposition.