Environ 2.000 étudiants, enseignants et citoyens ont à nouveau manifesté mardi à Alger contre le régime, réaffirmant leur rejet de l'offre de dialogue faite par le nouveau président Abdelmadjid Tebboune au mouvement de contestation populaire "Hirak", a constaté un journaliste de l'AFP. Ancien Premier ministre du président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission en avril par le mouvement de contestation inédit qui agite l'Algérie depuis près de dix mois, M. Tebboune, 74 ans, a été élu le 12 décembre.

"Nous n'avons pas voté. Ils ont ramené Tebboune, qui ne nous gouvernera pas", ont scandé les manifestants qui ont défilé sur deux kilomètres sans incident dans les rues du centre de la capitale.

Les manifestants ont également réaffirmé leur rejet de l'offre de dialogue du nouveau président, qui, au lendemain de sa victoire, a "tendu la main au Hirak", l'invitant au "dialogue afin de bâtir une Algérie nouvelle".

"Comment accepter de dialoguer au moment où des innocents croupissent en prison", ont crié les manifestants qui brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "liberté pour les détenus d'opinion".

Une trentaine de manifestants et militants arrêtés au début de l'été pour avoir brandi un drapeau berbère ont été libérés depuis une semaine, à l'issue de leur peine de six mois d'emprisonnement, assortie pour partie de sursis pour certains d'entre eux.

Mais, environ 140 manifestants, militants ou journalistes, arrêtés dans le cadre du "Hirak", notamment pour des écrits sur les réseaux sociaux ou pour le port de l'emblème amazigh, sont toujours incarcérés, en détention provisoire ou condamnés à des peines d'emprisonnement.

"Nous continuerons à descendre dans la rue jusqu'à la libération de tous les détenus du Hirak", a déclaré à l'AFP Sara, 21 ans, étudiante en génétique à Alger.

La foule a également scandé des slogans visant le haut commandement militaire, qui dirige l'Algérie depuis son indépendance en 1962.

"Un Etat civil et non militaire" et "Les généraux à la poubelle et l'Algérie aura son indépendance", ont notamment crié les manifestants.