Des soldats ont arrêté des officiers supérieurs; des tanks et véhicules militaires ont été vus dans les rues de Kati, alors que l’ambassade de France appelait ses ressortissants à rester chez eux à Kati et Bamako.

Selon certaines sources, un convoi de militaires aurait pris la route de Bamako; des coups de feu auraient été entendus, dans la capitale, près du siège de la Primature.

Deux mois de protestations

Ces événements surviennent alors que l’opposition réclame dans la rue, depuis deux mois, le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta, dit “IBK”, en raison de la dégradation des conditions de vie des Maliens et de son incapacité à freiner le retour des djihadistes qui avaient occupé le nord du Mali à la faveur de l’effondrement de l’armée malienne. L’occupation, longue d’un an (2012-2013), avait pris fin grâce à l’action d’un contingent militaire français, appuyé par l’armée malienne. Les djihadistes, alors mis en fuite, sont, depuis lors, peu à peu revenus.

Des fraudes lors des législatives de mars dernier ont encore attisé la colère, d'autant que le gouvernement semble ne rien faire pour mettre fin à l'enlèvement - apparemment par des djihadistes - du principal opposant politique au chef de l'Etat, Soumaïla Cissé, durant la campagne.

La base militaire de Kati était le fief du capitaine Amadou Haya Sanogo, qui, à la tête d’une mutinerie, avait renversé le président Amadou Toumani Touré le 21 mars 2012, précipitant tout le Mali dans la crise. Le putschiste avait été contraint de rendre le pouvoir aux civils, en 2013, et ces derniers avaient organisé une élection présidentielle, remportée par IBK.