Introuvable depuis le lundi 7 septembre à Tanger, Adnane, 11 ans, a fait l’objet d’une recherche intensive, non seulement dans la ville, mais aussi sur les réseaux sociaux où bon nombre de personnalités ont partagé sa photo dans l’espoir de le retrouver sain et sauf. Ce petit garçon avait disparu à 15h dans son quartier pendant qu’il s’en allait chercher des médicaments pour son père. Il avait alors été accosté par un homme d’une vingtaine d’années, reconnu ultérieurement par des caméras de surveillance et appréhendé par les autorités.

Le samedi matin, un communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) annonçait que la dépouille du petit garçon avait été retrouvée enterrée près d’un arbre non loin de son domicile. Si cette annonce suffisait pour choquer les Marocains, la découverte des sévices sexuels qu’a subis Adnane avant sa mort a quant à elle provoqué une vive colère, notamment sur les réseaux sociaux.


Sur Twitter, Instagram et Facebook, des messages de condoléances aux familles accompagnaient des images réclamant la peine de mort ou la castration chimique pour l’agresseur. Une situation qui a relancé le débat sur la peine de mort, toujours légale en théorie au Maroc, mais plus d’application depuis 1993.



Les avis les plus extrêmes côtoient désormais les plus humanistes. Certains demandant l’exécution du criminel sur la place publique au travers d’un montage partagé en masse, pendant que d’autres assurent que “la peine de mort ne ramènera pas le petit Adnane à la vie, n’atténuera pas la douleur des parents et de la famille, ne dissuadera pas les futurs prédateurs d’enfants.”

Plusieurs personnalités membres d’associations de défense des droits humains au Maroc, mais aussi du gouvernement continuent de réagir. Certains demandent une “loi Adnane” permettant d’appliquer des peines plus sévères aux pédophiles et violeurs. Ces revendications tombent au moment où le Code pénal connaît une révision au Parlement. Nul ne sait encore si la peine maximale continuera d'y figurer, 27 ans après la dernière exécution.