Le handicap est encore très mal vu au Burkina Faso

Les choses s’améliorent grâce à la sensibilisation.

Laurent Lambrecht, envoyé spécial au Burkina Faso
Le handicap est encore très mal vu au Burkina Faso
©Lambrecht

Les choses s’améliorent grâce à la sensibilisation.Le Burkina Faso fait partie des dix nations les moins développées du monde. Un handicap comme la surdité ou la cécité y est d’autant plus difficile à surmonter. En raison du manque d’accès aux soins de santé, le nombre de sourds y serait très important. "Il y a dix ans, une vague de méningite a frappé le pays, explique Salam Ouedraogo, président de l’association des sourds. En l’absence de soins, de nombreux cas de méningites ont provoqué une perte totale ou partielle de l’audition. En outre, de nombreux Burkinabés se font soigner par des praticiens traditionnels qui empirent la situation en leur administrant de la poudre noire dans les oreilles".

A ce manque de moyens vient s’ajouter un problème de considération des sourds et malentendants. "Au Burkina Faso, la personne handicapée est très mal vue, explique Salam Ouedraogo. Elle est souvent cachée car on considère qu’elle est victime d’une malédiction". Résultat, de nombreux jeunes sourds n’ont pas accès à l’éducation. Sur l’ensemble du Burkina, il n’existe d’ailleurs que quatre écoles publiques spécialisées dans la prise en charge des élèves sourds et malentendants.

Pour recevoir l’encadrement adéquat, les parents doivent donc souvent se tourner vers le privé, avec le problème du coût que cela suppose. "Pour un enfant normal, une année scolaire coûte environ 7000 Francs CFA (NdlR : 10 euros) , explique René Yameogo, directeur adjoint de l’institut des jeunes sourds du Faso. Chez nous, une année coûte 40 000 francs CFA (NdlR : 70 euros). Avec l’internat, on monte à 200 000 francs CFA (NdlR : 305 euros). Comme les parents ne peuvent souvent pas payer, nous dépendons du financement des ONG".

Présente sur place depuis plusieurs années, l’ONG Sensorial Handicap Cooperation (SHC) apporte son soutien à la formation de professeurs spécialisés via son propre centre auditif. SHC soutient par diverses actions les 19 écoles membres de la Fédération des sourds. Malgré cette aide précieuse, une infime partie des sourds et malentendants du Burkina Faso sont scolarisés dans une école spécialisée. En effet, à l’échelle du pays, seuls 1 060 élèves fréquentent une école faisant partie de la fédération des sourds.