Lueur d'optimisme sur le climat

Alors que s'est ouvert le sommet de Lima sur le climat, Nicolas Van Nuffel (CNCD 11.11.11) analyse les récents changements opérés dans le chef des dirigeants. Il voit dans le cycle de négociations qui s'ouvre une lueur d'optimisme.

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Lueur d'optimisme sur le climat
©AFP Internet

Alors que s'est ouvert le sommet de Lima sur le climat, Nicolas Van Nuffel (CNCD 11.11.11) analyse les récents changements opérés dans le chef des dirigeants. Il voit dans le cycle de négociations qui s'ouvre une lueur d'espoir.



Quelles sont les chances d'avancer de manière ambitieuse sur le climat ?

Les signes des dernières semaines vont plutôt dans le sens de reprendre la route vers un accord. Celui passé entre la Chine et les USA, la rencontre pour alimenter le Fond vert de l'ONU pour le climat (3 milliards de dollars seront versés par les États-Unis, rapidement suivi par le Japon, le Royaume-Uni et dix-huit autres contributeurs dont ne fait toujours pas partie la Belgique, NdlR), voila des engagements qui ne sont pas assez ambitieux et qui, si l'on en restait là, ne nous permettraient pas de rester sous les 2°C (du réchauffement climatique, NdlR) ni ne nous permettraient de financer convenablement les pays en développement pour qu'ils puissent affronter correctement ce réchauffement climatique. Mais il y a une lueur d'optimisme : comparé à il y a 2-3 ans, où l'on voyait plutôt une série de pays qui cherchaient même revenir sur leurs engagements, une dynamique d'engagements se met en place, à l'instar de François Hollande qui souhaite une réussite du sommet de Paris (la 21e conférence climat en 2015, NdlR).

Les dirigeants, à fortiori les grandes puissances que vous citez, ont-ils à ce point ouvert les yeux ?

Il y a une reprise de conscience après la gueule de bois et le désinvestissement depuis Copenhague (en 2009, il devait aboutir à un accord sur l'après de Kyoto , NdlR). Les dirigeants sont en train de se rendre compte de la nécessité d'agir. La multiplication des événements extrêmes notamment aux USA n'y est certainement pas étrangère. Cependant, certains éléments continuent de nous inquiéter. Même l'UE, qui est pourtant le meilleur élève en la matière, ne propose pas d'engagements suffisants. Les 40% de réduction de ses émissions de CO2 pour 2030, c'est le minimum minimorum. Quant à la Belgique, elle est en train de retourner en arrière par rapport à ses engagements : les accords de gouvernements tant régionaux que fédéral sont moins ambitieux que les précédents. La Belgique parle d' objectifs de réduction des émissions "les plus réalistes possibles" - on entend bien ce que ça veut dire - sans aucun objectifs contraignants en terme d'efficacité énergétique et de renouvelable. En matière de financement climat, elle est incapable d'annoncer des chiffres car régions et fédéral se tapent dessus ! Autant au niveau international, je vois une lueur possible autant je m'inquiète des positions que prendra la Belgique dans les discussions internationales, bien souvent freinée dans ses positions les plus progressistes par la Flandre. La Belgique doit alors se taire au niveau européen. Enfin, la logique de désinvestissement des finances publiques menace. Il est dès lors primordial d'aller chercher d'autres sources de financement (droits d'émission, taxe sur les transactions financières, sur les billets d'avion). Sinon, les décideurs risquent de recycler l'aide au développement : arrêter de lutter contre la faim pour lutter contre le réchauffement climatique. Cela n'aurait aucun sens.

Quelle est l'utilité du sommet de Lima ?

A Lima, l'objectif est de poser les fondations de l'accord de l'an prochain, lors du sommet de Paris. C'est principalement sur la question financière que les choses vont se jouer. Il n'y aura pas d'accord si celui-ci n'engage pas les pays en développement à limiter leurs émissions. Mais si l'ont veut qu'ils s'impliquent aussi en faveur du climat, il faut que les pays développés montrent dès Lima un réel engagement à réduire leurs émissions mais surtout mettent sur la table le budget promis (100 milliards de dollars par an à partir de 2020, NdlR). L'important est de restaurer la confiance envers les pays en développement, grâce à une série d'avancées qui ne seront pas encore la conclusion finale des négociations. On est encore loin d'avoir la garantie que l'on aura effectivement un accord…


Cette semaine, dans le cadre des négociations sur le climat, La Libre revient sur six catégories de pays que tout oppose.