L'éducation pour reconstruire le dynamisme à Goma

Des étudiants belges ont lancé le "Fonds Ngangi". Finançant les études universitaires de jeunes gomatraciens, il vise le développement de la province du Nord-Kivu par l'éducation.

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L'éducation pour reconstruire le dynamisme à Goma
©D.R.

Des étudiants belges ont lancé le "Fonds Ngangi". Finançant les études universitaires de jeunes gomatraciens, il vise le développement de la province du Nord-Kivu par l'éducation.

Tout a commencé en 2008 et s'est poursuivi deux ans plus tard. 18 Belges puis une autre douzaine suivent les projets menés par le centre Don Bosco, actif au Nord-Kivu dans les domaines de l'alphabétisation, la scolarisation et la formation professionnelle. Les étudiants du plat pays y rencontrent leurs homologues congolais. Ceux-ci sont à deux doigts de boucler leurs études secondaires mais n'ont, pour la plus grande partie, pas de débouché universitaire. Issus de milieux extrêmement précarisés et bénéficiant à ce titre du soutien du centre, celui-ci ne peut cependant les accompagner plus loin. " Concernés par cette situation, nous avions envie d'agir pour les aider à bénéficier des mêmes chances que nous", se souvient Brieuc de Lamotte. Le Fonds Ngangi, dont il est l'un des fondateurs, s'inscrit donc dans la continuité des projets menés par le centre Don Bosco.

Mis sur pieds en 2010, il finance aujourd'hui 45 étudiants gomatraciens (à hauteur de 900 euros/an) parmi les plus vulnérables. " Le choix des étudiants boursiers se fait sur base de leur potentiel à avoir un impact sur la société et sur le dynamisme de la région", souligne l'étudiant belge. Les fonds soulevés - par des volontaires- sont en effet limités et impliquent des choix souvent douloureux...

L'offre étant inférieure à la demande (plus de 90 par an actuellement), le renouvellement des bourses est conditionné à la réussite d'une part, et à l'implication des boursiers dans un des projets mis en place par l'asbl "En avant les enfants", d'autre part. " C'est une manière de rendre à la collectivité ce qu'ils ont reçu et de s'impliquer dans le tissu et la cohésion sociale", explique l'universitaire belge. Le Fonds Ngangi, bien qu'autonome, est intégré au sein de cette asbl congolaise qui regroupe 8 projets distincts dans différents domaines d'action auprès de publics vulnérables de tous âges, mais avec un objectif commun : aider la population à se reconstruire. Le chef-lieu du Nord-Kivu, comme les provinces de l'est du pays, a en effet été longtemps le théâtre d'affrontements entre milices armées venues des pays limitrophes et des forces gouvernementales. Le million d'habitants vivant au quotidien les tensions ethniques, économiques et sociales profondes. "Nous croyons en un Congo pacifié... et avons décidé de parier sur l'éducation pour ajouter notre pierre à cet édifice", commente le secrétaire du Fonds.

Les étudiants belges, une cinquantaine de bénévoles aujourd'hui, n'ont pas froid aux yeux, l'objectif plus large étant d’œuvrer à la " pacification de l'Afrique centrale". Ambitieux ? " Oui. Mais nous croyons que l'éducation est un outil pour la paix. D'ici 2020, 200 jeunes seront sortis de l'université grâce à nos bourses. Soit autant de personnes qui auront le potentiel de mener un dialogue pacifique durable, de reconstruire leur région, de participer à son développement et à son dynamisme économique, politique, social et culturel", argumente Brieuc de Lamotte.

Avec 7 compagnons désireux de découvrir le projet dont il est l'instigateur, il se rend à Goma afin de rencontrer les boursiers et réfléchir à une meilleure manière de les accompagner, avec, en tête, d'autres projets à greffer au premier...

Pendant deux semaines, ils livreront dans cette rubrique ce qu'ils observent des réalités, des enjeux et des défis locaux. Rendez-vous déjà en fin de semaine pour le premier volet de leurs aventures en terre congolaise !