Basse-Wavre a le gêne solidaire

Le projet solidaire est inscrit dans l'ADN du Collège de Basse-Wavre. Move with Africa est une autre occasion donnée aux jeunes de s'impliquer. Ils ont saisi la balle au bond.

Basse-Wavre a le gêne solidaire
©Alexis Haulot
VVVy


Le projet solidaire est inscrit dans l'ADN du Collège de Basse-Wavre. Move with Africa est une autre occasion donnée aux jeunes de s'impliquer. Ils ont saisi la balle au bond.

La cloche sonnant le coup de la pause déjeuner vient à peine de retentir que la quinzaine de jeunes et cinq professeurs sont déjà assis sur les bancs de ce local annexe à l'imposante batisse du collège de Basse-Wavre. Sous le regard attentif des jeunes, Sandrine Lackner remplit les cases de son tableau des tâches au fur et à mesure que les élèves se proposent pour les assumer. Dans un mois se tiendra, dans l'enceinte de l'école, un festival de films africains suivi d'un souper éponyme. Le temps presse -comme le répètent les profs à l'envi- et ce n'est là qu'une des nombreuses activités que le groupe organisera en marge de Move with Africa.

Alors que M.Marchal révise l'affiche qu'a conçue Camille et y va de ses nombreux conseils, Gaëlle Renault passe en revue les autres initiatives à prendre pour assurer la bonne (et large) communication de l'événement. Le but étant, bien entendu, de mobiliser le plus grand nombre. De la première primaire à la rhétorique, tout le monde sera mis au diapason, nous souffle-t-on. Et c'est loin d'être une première...

Passé expert en la matière

Chaque année, le projet "Marche" met en évidence un projet de solidarité et se concentre, à travers lui, sur une thématique particulière. De grande ampleur, il se décline dans toutes les années, au sein de toutes les classes, s'adresse à l'ensemble des 1 100 élèves de l'établissement, que l'équipe de professeurs actifs au sein de cette "cellule" entend sensibiliser. Move with Africa s'inscrit donc assez logiquement dans cette dynamique-là. " Ces projets solidaires sont des institutions dans l'école. Ce projet-ci a été, en ce sens, relativement simple à instaurer auprès d'un public habitué à répondre présent à de telles initiatives", explique Géraldine Stenuit, l'une des sept professeurs de l'équipe ainsi constituée pour encadrer Move with Africa. Seuls trois d'entre eux accompagneront le groupe au Bénin, où ils se rendront, lors du congé de printemps, avec Iles de paix.


Être acteur : une motivation, une crainte


Au-delà du voyage dans ce pays d'Afrique de l'ouest, l'enseignante d'anglais espère retrouver les élèves l'année d'après et leur confier le rôle d'ambassadeur du projet vécu auprès des autres élèves de l'école.
Si l'organisation de tels événements et l'engagement dans de tels projet pourraient être de nature à angoisser une large franche de la population scolaire, tel n'est absolument pas le cas de ces quinze Brabançons. " Il est bon d'avoir des responsabilités et de constater que les professeurs nous font confiance, s'esclame Calypso. Nous serons d'autant plus fiers d'avoir relevé le défi". Les professeurs voient les choses du même oeil, à en croire les propos de Sandrine Lackner, selon qui " ce sont les élèves qui sont les moteurs du projet, à eux de prendre les initiatives pour le mener à bien. Nous ne faisons que les encadrer".


La crainte n'est donc pas de se mettre en action ou de s'approprier le projet, sa philosophie et les valeurs qu'il entend couvrir. Les doutes résident ailleurs : dans la capacité de gérer le changement que cette expérience est susceptible de provoquer chez ces adultes de demain. " Ma plus grande crainte, c'est de changer, de prendre conscience de choses dont je ne me rends acutuellement pas compte... et de ne pas pouvoir agir pour les changer parce que je n'en possède pas les capacités", glisse timidement Charlotte.

Qui ne dit mot consent. On traduit le silence qui suit comme une approbation générale. Mais nullement comme une résignation.


Ce vendredi, retrouvez 12 pages spéciales Move with Africa dans La Libre.