Move with Africa: "Baye fall kewal"

Move with Africa: "Baye fall kewal"
Les élèves et les professeurs de l’Athénée Royal Verdi

Témoignage des élèves et des enseignants :

9 avril 2019

La concrétisation de notre projet mais aussi le départ vers l’inconnu. Dans quelques heures, nous arriverons au Sénégal. Il n’est plus question d’élèves ou de professeurs mais juste d’êtres humains qui s’en vont, pleins d’excitation mais aussi d’appréhensions, à la rencontre d’autres êtres humains. Nous avons eu la chance de séjourner et partager le quotidien des villageois de Ndem et de Mbacké Kadior, fait de périodes intenses de travail mais, aussi, de nombreux instants de complicité. C’est leur accueil qui nous a touchés en premier, "Nous étions des inconnus et ils nous ont accueillis à bras ouverts. Ils nous ont parlé avec tellement de sympathie, de tendresse et de bienveillance. C’est vraiment ça le mot, bienveillant. Ils l’étaient tous, sans exception" confie Sara.

Vivre et travailler avec les membres de la communauté nous a ouvert les yeux sur une réalité qui nous était inconnue. Développer un projet agroécologique dans une région désertique est un fameux défi qui demande beaucoup de travail physique mais aussi d’éducation, et ce, dès le plus jeune âge, comme nous l’a enseigné la petite Kiné, du haut de ses 4 ans. Arnaud S. raconte, "Elle jouait à extraire soigneusement les pépins des mini-citrons verts qu’elle avait fraîchement cueillis et épluchés. Lorsque je n’ai fait qu’une bouchée d’un de ces fruits au parfum alléchant et que ses yeux se sont écarquillés j’ai alors compris que toutes les graines sont destinées à être replantées et donc conservées comme des trésors".

Contribuer ne serait-ce qu’un peu à leur projet nous a beaucoup appris sur eux mais aussi sur nous-mêmes et notre rapport au monde. "Nous avons planté des arbustes : citronniers, manguiers et orangers. Bay Cheikh nous a montré la technique parfaite pour planter un arbre afin qu’il puisse grandir correctement. Planter un arbre était, pour moi, une action sans importance mais ce n’était rien de tout cela. C’était comme donner une nouvelle bouffée d’oxygène à la terre, comme donner un peu de sa vie pour elle sans rien demander en échange. Je me suis dit que, grâce à ce petit geste bienfaiteur, quelqu’un ici pourrait se nourrir, nourrir sa famille et faire grandir la planète" témoigne Stéphanie.

Les chantiers nous ont permis de vivre une expérience humaine très forte, "les Baye fall chantaient, il y avait une ambiance géniale et très apaisante à la fois. Ils nous aidaient avec grand plaisir et avec le sourire, ils faisaient vraiment attention à nous. Ce sont des personnes formidables qui m’ont beaucoup appris en si peu de temps" décrit Laura. Leur solidarité nous a marqués. "On ne cesse de dire qu’ils ont beaucoup à apprendre de nous. Or, après ce voyage incroyable qui m’a été permis de faire, je suis sûre que c’est nous qui avons le plus à apprendre d’eux", dit Caroline.

Les rencontres entre élèves mais aussi entre professeurs ont été, pour nous, l’occasion de pouvoir confronter nos quotidiens respectifs. Après des premiers contacts timides, un vrai dialogue s’est installé, témoigne Muriel : "L es langues se sont déliées et tous, même les plus timides, se sont exprimés. Les jeunes ont su créer un lien en toute humilité, un vrai échange, sans tabou. Chacun a appris de l’autre".

Nous voilà rentrés en Belgique, la tête pleine de moments inoubliables et à jamais marqués. C’est ça l’expérience Move with Africa ! "Nous sommes dans l’avion qui nous ramènera en Europe et c’est seulement en rentrant que je m’aperçois à quel point ce pays est riche, riche d’amour et de bonheur. Les Sénégalais nous ont offert leur culture et nous leur avons offert notre main-d’œuvre, nous avons appris à vivre dans une communauté soudée, où chaque personne a un rôle à jouer, nous étions dans une partie d’échecs où chaque personne aidait à sa façon, que ce soit par l’agriculture ou l’industrie du textile. Nous étions ces pions qui se contentaient d’avancer sans regarder derrière eux, arrivés à la fin de notre voyage, nous nous sommes métamorphosés et ce, pour remarquer que nous ne leur avons rien appris, mais qu’eux nous ont enseigné leur manière de vivre. C’est en me rapprochant de ma maison que je prends conscience d’avoir vécu le vrai bonheur" dit Arnaud J.