L’édition 2015-2016 de Move with Africa a été marquée par les violences, de Paris à Bamako. Puis à Bruxelles. A chaque fois, ce nuage d’incertitude est venu planer au-dessus des 200 jeunes investis corps et âme dans le projet. Certains n’ont finalement pas foulé la terre africaine, n’ont pas rencontré les personnes avec lesquelles ils avaient, depuis le plat pays, tissé des liens. Pourtant, là où tant d’éléments poussaient au pessimisme, les jeunes de MWA, leurs professeurs, les membres des ONG y ont vu des interstices dans lesquels glisser une dose de petits et grands espoirs. Face à l’adversité, aux déceptions, aux chocs, ils ont montré leur capacité à rebondir. L’abnégation. La résilience. Une forme de résistance indispensable, osent certains. Ils ont démontré quelle force peut avoir l’optimisme. L’audace d’avancer. “Il nous tenait à cœur de faire quelque chose de positif”, ont-ils exprimé. Ici ou là-bas, ils ont agi pleinement. Plus conscients, plus impliqués, plus déterminés encore.

© Johanna de Tessières

Cette jeunesse-ci est à l’image du monde : multiple. Elle est en quête d’un horizon d’espérance, désire la rencontre, la diversité, la différence. Elle reconnaît ses peurs. Pour mieux les vaincre et les faire vaciller par les liens tissés. Elle est animée par des valeurs d’ouverture, de tolérance, de justice et de solidarité, qu’elle souhaite voir érigées plutôt que- trop souvent- mises en berne. La solidarité est centrale dans leurs récits : celle qui les a soudés entre eux, celle qui cimente les sociétés africaines. Que les grincheux qui croient que les jeunes sont indifférents ouvrent, à leur tour, les yeux : ceux-ci s’impliquent, ont soif de découvertes et souhaitent bousculer le ronron d’un monde dans lequel ils ne se reconnaissent pas toujours mais dont ils veulent être les acteurs. On les y encourage.

© IPM