"L'enlèvement d'enfants est devenu une nouvelle tactique, d'une régularité alarmante, de la part des groupes armés impliqués dans le conflit", alerte l'organisation mercredi dans un communiqué, ajoutant que ce nombre ne reflète que les cas signalés.

Save the Children s'appuie sur des données relevées entre janvier 2020 et janvier 2021 par l'ONG américaine Acled qui collecte des données sur les conflits.

Des groupes djihadistes connus localement sous le nom d'"Al-Shabab" ("les jeunes" en arabe), multiplient depuis 2017 les attaques dans la province pauvre et à majorité musulmane du Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie.

Ils pratiquent une violence spectaculaire, incendiant les villages, décapitant des hommes, pratiquant des enlèvements pour recruter de nouveaux soldats ou des esclaves sexuelles.

Fin mars, une famille avec quatre enfants a fui la ville de Palma, cible d'une attaque d'ampleur qui a fait des dizaines de morts, rapporte Save the Children. Interceptées par des hommes armés, les filles ont été mises de côté et "enfermées dans des maisons. Ensuite ils nous ont retenus dans une autre maison", raconte la mère de 42 ans.

"Plus tard, ils sont revenus et ont pris les filles qui les intéressaient", poursuit-elle. Les parents ont réussi à s'échapper avec trois enfants mais ils n'ont jamais revu leur fille de 14 ans.

Lors d'une attaque en juin dernier, dix fillettes ont été enlevées alors qu'elles puisaient de l'eau, selon Save the Children, qui mentionne également une autre attaque au cours de laquelle 21 personnes dont six enfants ont été enlevées.

"Avant 2020, il n'y avait pas trace de meurtres ou d'enlèvements intentionnels d'enfants" dans la région, souligne l'ONG, précisant qu'aucun recensement ne permet de dire combien d'enfants ont pu échapper à leurs ravisseurs ou restent portés disparus.

Les violences djihadistes ont déjà tué 2.800 personnes et forcé 700.000 à fuir dont 364.000 mineurs, selon les ONG et l'Onu.