Dans un communiqué publié sur l'un des sites de propagande de l'EI sur Telegram, le groupe jihadiste a déclaré avoir attaqué "des casernes militaires et des quartiers généraux du gouvernement".

Il a également dit avoir pris le "contrôle de la ville" et fait état de la mort de dizaines de militaires "de l'armée mozambicaine et de chrétiens, dont des ressortissants d'États croisés", en allusion à des pays occidentaux.

La Défense mozambicaine a fait état dimanche soir de dizaines de morts parmi les habitants de Palma. Au moins une centaine de personnes restent portées disparues.

La petite ville de 75.000 habitants s'est transformé en ville fantôme tandis que des milliers de civils continuent à fuir par tous les moyens.

Les groupes armés, qui terrorisent cette région frontalière avec la Tanzanie depuis trois ans, sont montés en puissance depuis un an, multipliant les attaques sanglantes.

Contrôlant le port stratégique de Mocimboa da Praia depuis août 2020, crucial pour l'arrivée du matériel nécessaire aux installations gazières, ils sont désormais maîtres d'une bonne partie de la zone côtière.

Condamnation de l'ONU

L'ONU condamne "fermement les attaques" attribuées à des groupes jihadistes dans la ville portuaire de Palma au Mozambique, des "actes odieux", a déclaré lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric. "Nous sommes profondément préoccupés par la situation toujours en évolution à Palma, où des attaques armées ont commencé le 24 mars, tuant des dizaines de personnes, dont certaines tentaient de fuir un hôtel où elles s'étaient réfugiées", a-t-il ajouté.

"Nous continuons de nous coordonner étroitement avec les autorités sur le terrain pour fournir une assistance aux personnes touchées par la violence", a ajouté le porte-parole, en soulignant que l'ONU, "solidaire", apportait son "appui au gouvernement mozambicain dans ses efforts pour protéger les civils, rétablir la stabilité et traduire en justice les auteurs de ces actes odieux".

Palma, tombée aux mains de groupes jihadistes après une attaque revendiquée lundi par le groupe Etat islamique, était lundi transformée en ville fantôme tandis que des milliers de civils continuaient à fuir par tous les moyens.

L'EI a affirmé contrôler la ville et revendiqué l'attaque survenue à seulement une dizaine de kilomètres d'un méga projet gazier de plusieurs milliards d'euros piloté par le groupe français Total.

Washington "déterminé" à assister le gouvernement contre les jihadistes

Les États-Unis "condamnent" également l'attaque et sont "déterminés" à coopérer avec le gouvernement mozambicain pour lutter contre les jihadistes, a déclaré lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Refusant de préciser de quelle manière l'armée américaine pourrait aider les autorités à reprendre le contrôle de cette ville de 75.000 habitants, M. Kirby a souligné que les attaques des jihadistes "témoignent d'une absence totale de respect pour le bien-être et la sécurité" de la population.