"Sa culpabilité a été établie au-delà de tout doute raisonnable", a déclaré le président de la cour Bertram Schmitt, en prononçant le verdict à l'encontre de Dominic Ongwen, 45 ans, qui était visé par 70 chefs d'accusation, parmi lesquels le meurtre, le viol, l'esclavage sexuel et la conscription d'enfants soldats.

M. Ongwen, surnommé la "fourmi blanche", était poursuivi pour son implication dans une série de massacres perpétrés dans les années 2000 par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), alors dirigée par Joseph Kony, qui a mené une guerre brutale en Ouganda et dans trois autres pays afin d'établir un Etat basé sur les dix commandements de la Bible.

Dominic Ongwen a nié "au nom de Dieu" les accusations portées contre lui, et ses avocats avaient plaidé l'acquittement, soulignant qu'il a lui-même été victime de la brutalité du groupe rebelle, dès son plus jeune âge.

Le procès en cours depuis cinq ans à la Cour pénale internationale est unique car c'est la première fois que comparaît une personne à la fois victime et auteur présumé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, Dominic Ongwen ayant été enlevé enfant par la LRA alors qu'il se rendait à l'école.

"La chambre est consciente qu'il a beaucoup souffert", a déclaré le juge Schmitt. "Cependant, il s'agit dans cette affaire de crimes commis par Dominic Ongwen en tant qu'adulte responsable et commandant de l'Armée de résistance du Seigneur."