Après un report au début du mois, le procès se déroule devant le tribunal de première instance de Dar El Beïda, dans la banlieue d'Alger, en présence de la compagne de Hervé Gourdel. Il devrait durer une journée.

Arrivé en ambulance, le principal accusé, Abdelmalek Hamzaoui, un ravisseur présumé, suit l'audience dans un fauteuil roulant. Il est accompagné d'une équipe médicale et surveillé par des membres des forces spéciales de la gendarmerie.

Premier interrogé par la présidente du tribunal, M. Hamzaoui a nié avoir participé à l'enlèvement et à l'assassinat de M. Gourdel et affirmé qu'on l'accusait pour "boucler ce dossier et faire plaisir aux Français".

Au total, 14 personnes sont poursuivies dans cette affaire: huit jihadistes présumés jugés pour son rapt et sa décapitation et six autres pour non-dénonciation de crime, selon un document du tribunal consulté par l'AFP.

Abdelmalek Hamzaoui est le seul parmi les ravisseurs présumés à comparaître jeudi. Les sept autres seront jugés par contumace.

Originaire de Nice, Hervé Gourdel, 55 ans, était un pédagogue et formateur de guides de montagne, passionné d'aventure. Il s'était rendu en Algérie à l'invitation de ses hôtes et accompagnateurs, pour explorer un nouveau site d'escalade, mais il a été kidnappé le 21 septembre.

La vidéo de sa décapitation diffusée trois jours plus tard avait provoqué un énorme choc en France et en Algérie.

Les autorités algériennes, restées silencieuses sur ce procès, avaient assuré dès 2016 avoir presque totalement éliminé les combattants de Jund al-Khilafa ("Les Soldats du Califat"), le groupe affilié à l'organisation Etat islamique (EI) ayant revendiqué l'assassinat.

Initialement prévue le 4 février, l'audience avait été reportée de deux semaines, à la demande de la défense, en raison de l'état de santé de M. Hamzaoui.

"Nous plaçons en la justice algérienne, qui est souveraine, beaucoup d'espoir pour que justice soit rendue après plusieurs années d'instruction", a déclaré à l'AFP Mme Grandclaude début février.

Après son enlèvement le 21 septembre, Jund al-Khilafa avait menacé de l'exécuter si la France ne renonçait pas à ses frappes contre l'EI en Irak.

La vidéo de sa décapitation diffusée quelques jours plus tard a provoqué un énorme choc en France et en Algérie. L'armée algérienne, qui a mobilisé environ 3.000 soldats, a retrouvé sa dépouille le 15 janvier 2015 à une vingtaine de km du lieu de son enlèvement.

Dans les mois suivant la mort du Français, plusieurs jihadistes avaient été tués dans des accrochages avec l'armée. Parmi eux, le chef présumé de Jund al-Khilafa, Abdelmalek Gouri, en décembre 2014, et son successeur, Bachir Kharza, en mai 2015.