"Nous venons de déposer le dossier de candidature de notre référent politique, le président Laurent Gbagbo, le père de la démocratie en Côte d'Ivoire que nous avons sollicité pour être notre candidat à la présidentielle", a affirmé Georges-Armand Ouegnin, président de la plateforme EDS à sa sortie de la CEI.

M. Gbagbo, qui ne s'est encore jamais prononcé publiquement sur sa candidature, est toujours en Belgique dans l'attente d'un éventuel procès en appel devant la Cour pénale internationale, qui l'a acquitté en première instance de l'accusation de crimes contre l'humanité.

Il a le droit de voyager à condition que le pays d'accueil accepte sa présence, mais il n'a pour le moment pas de passeport.

M. Gbagbo a été radié des listes électorales en raison de sa condamnation en janvier 2018 à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour l'attaque de la Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dans le cadre de la crise post-électorale de 2010-2011.

M. Ouegnin a attribué cette radiation à des "manoeuvres juridico politiciennes" alors que des sources judiciaires estiment que la candidature a peu de chances d'être validée.

"Le Conseil constitutionnel aura la lourde responsabilité devant le peuple ivoirien et l'Histoire de se prononcer sur la validité de la radiation" et de statuer sur l'éligibilité de M. Gbagbo, a conclu M. Ouegnin qui a aussi réclamé "la libération de tous les prisonniers politiques" et le "retour des exilés politiques avec à leur tête Laurent Gbagbo".

Si les trois candidatures sont validées, les Ivoiriens retrouveraient au premier tour de la présidentielle M. Gbagbo, 75 ans, le président sortant Alassane Ouattara, 78 ans, qui brigue un troisième mandat controversé et l'ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans. Ces trois hommes étaient candidats au premier tour de la présidentielle de 2010 qui avait débouché sur la crise post-électorale ayant fait 3.000 morts.

Les candidats ont jusqu'à lundi minuit pour déposer leurs dossiers et ne doivent pas être nécessairement présents physiquement.

Des proches de l'ancien chef rebelle et Premier ministre Guillaume Soro, également à l'étranger et sous le coup d'une condamnation par la justice ivoirienne, devaient déposer son dossier en début d'après-midi.