Il s'agit d(un nouveau revers infligé par le président Félix Tshisekedi au camp de son prédécesseur. Zoé Kabila était jusqu'à ce jour l'un des rescapés du processus de mise à l'écart des partisans de l'ancien président Kabila entamé depuis décembre par le chef de l'État après près de deux ans de cogestion de la RDC au niveau national et dans les provinces.

"Les treize députés (provinciaux) qui ont participé à la (séance) plénière ont voté pour la destitution du gouverneur Zoé Kabila", a déclaré le rapporteur de l'Assemblée provinciale du Tanganyika, Cyrille Kimpu, à l'AFP .

Le vote a eu lieu en l'absence de Zoé Kabila, "retenu à Kinshasa par le gouvernement central", a expliqué de son côté le député Dominique Bota, membre du Front commun pour le Congo (FCC) qui regroupe les partisans de l'ex-président Kabila.

Douze députés du FCC ont été empêchés par les forces de l'ordre d'accéder à la salle de plénière, selon M. Bota, alors qu'une liste circulant sur les réseaux sociaux semble indiquer que les treize députés ont chacun reçu 2.000 dollars pour voter la destitution du gouverneur.

Dans leur motion, les treize députés provinciaux signataires, membres de l'Union sacrée de la Nation (USN) du président Tshisekedi, reprochent au gouverneur Zoé Kabila "la mauvaise gestion de la province, le manque de respect à l'institution Assemblée provinciale ainsi qu'aux autorités nationales".

Aussitôt votée la motion contre le gouverneur Zoé Kabila, plusieurs réactions ont été enregistrées. Sur les 26 gouverneurs de provinces en RDC, Zoé Kabila est le seul à n'avoir pas rejoint le camp de M. Tshisekedi.

"Le gouverneur Zoé Kabila ne fera pas de recours devant les tribunaux", a réagi à l'AFP un ancien ministre proche du gouverneur déchu, qui a requis l'anonymat.

"Nous assistons à des violations systématiques des lois du pays. C'est du banditisme, parce que de l'autre coté la justice refuse systématiquement d'examiner les recours que nous introduisons", a déploré l'un des avocats des Kabila, Me Jean Mbuyu.

"Un État qui ne respecte pas ses propres lois est un État faible. Quelque graves qu'aient été les faits reprochés au gouverneur Zoé Kabila, l'idéal et la règle auraient été qu'il ait droit à la défense, principe clé de l'État de droit qui exclut l'arbitraire", a réagi sur Twitter le député national Claudel Lubaya, membre de l'USN de M. Tshisekedi.

Investi le 24 janvier 2019, le président Tshisekedi a mis fin à son alliance avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila après près de deux ans de cogestion du pays.

Après des mois de crise, le chef de l'Etat a réussi à renverser la majorité parlementaire en sa faveur, en ralliant le soutien de députés pro-Kabila, sur fond de menace de dissolution de l'Assemblée nationale.

Actuellement, M. Tshisekedi dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale, au Sénat et dans les assemblées provinciales. Les principales institutions politiques du pays sont dirigées par ses partisans.