"Les insultes dont j'ai été la cible la semaine dernière, par un homme qui se revendique du parti présidentiel, m'ont atteinte dans ma dignité de femme", a écrit Jeanine Mabunda dans un message à l'AFP.

Fidèle de l'ancien président Joseph Kabila, Mme Mabunda réagissait à des propos attribués à un partisan présumé de l'UDPS, le parti de l'actuel président Félix Tshisekedi.

"Mme Jeanine doit nous prouver qu'elle est réellement de la province de l'Equateur (ndr: dans le nord-ouest de la RDC). Peut-on se déclarer ressortissante de l'Equateur et être mince et élancée comme la soeur de Paul Kagame (ndr: le président du Rwanda, copieusement détesté par de nombreux Congolais)?", déclare cet homme en lingala dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

"Des Congolais ne sont pas filiformes, moi-même je suis mince mais j'ai de la chair derrière", ajoute l'homme, montrant ses fesses à la foule en liesse devant le siège de l'UDPS à Kinshasa.

"A travers moi, ce sont toutes les femmes que l'on atteint mais aussi l'institution que je préside que l'on cherche à déstabiliser", a ajouté Mme Mabunda.

Ces propos sont "d'une violence rare. Ils portent atteinte à l'humanité même de la femme. Je condamne et exige réparation" a écrit sur Twitter Néhémie Mwilanya, coordonnateur du Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme politique de M. Kabila.

Le ministre des droits humains, André Lite, a condamné "avec la dernière énergie les injures dont a fait l'objet la présidente de l'Assemblée nationale de la part de certains individus se réclamant du parti au pouvoir".

"J'appelle à une réaction sans équivoque face aux injures publiques et gratuites proférées contre une personnalité politique. Restons dans le combat politique, sans dérapage inutile", a posté dimanche sur son compte Twitter Nicolas Kazadi, ambassadeur itinérant du président Félix Tshisekedi.

Issu de l'opposition, le président Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle de décembre 2018.

L'ancien opposant gouverne en coalition avec les forces de son prédécesseur Kabila, qui sont restés largement majoritaires dans les deux chambres.

Les tensions se sont multipliés ces dernières semaines au sein de cette coalition sans précédent.