Jeudi, le secrétaire général du Sénat a procédé à l'installation d'un bureau provisoire, présidé par le doyen d'âge entouré des deux benjamins de la chambre haute du parlement avec pour mission de faire examiner la motion de censure contre le président pro-Kabila du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba.

Cet acte "est le coup de grâce asséné aux institutions de la République, après la mise au pas de la Cour constitutionnelle, le renversement du bureau de l'Assemblée nationale et la déchéance du Premier ministre", a déclaré à la presse Tshikez Diemu, porte-parole des sénateurs du Front commun pour le Congo (FCC) de M. Kabila.

"Nous demandons au président de la République, chef de l'État, d'arrêter cette dérive dictatoriale, susceptible de plonger le pays dans l'instabilité institutionnelle et sociale", a ajouté cet ancien ministre de la Défense.

Mercredi, un partisan du président Tshisekedi a été élu à la tête de l'Assemblée nationale, trois semaines après la destitution de sa présidente pro-Kabila, Jeanine Mabunda.

Pour les sénateurs du FCC, les manoeuvres politiques actuelles en RDC visent "l'implantation sans masque d'une dictature monolithique".

Ils se sont dit "indignés par le recul des pratiques démocratiques dans notre pays, révoltés par les coups de force systématiques contre les institutions de la République".

Ces sénateurs ont par ailleurs appelé l'Union Africaine à "ne pas cautionner la caporalisation du parlement à la veille de la prise en main de la direction des instances de l'Union africaine et de la SADC (la Communauté des Etats d'Afrique australe) par notre pays".

Dernier proche de l'ex-président Joseph Kabila à la tête d'une institution, M. Thambwe Mwamba fait face à une double offensive judiciaire et politique. Une demande d'autorisation d'ouverture d'une enquête judiciaire contre M. Thambwe sollicitée par le procureur auprès du bureau du Sénat a été refusée.

"Le braquage politique est devenu la règle principale dans la résolution des conflits politiques dans les institutions. Le cas de +forcing+ pour déchoir le bureau du Sénat en est révélateur. Le jeu démocratique doit se fonder sur le respect des lois de la République", a réagi Bienvenu Matumo, un leader du mouvement citoyen congolais Lutte pour le changement (Lucha).