Cette date (du 21 juin, ndlr) est convenue entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), la famille de M. Lumumba et le Royaume de Belgique après avoir arrêté un programme consensuel, a précisé le ministre congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, dans son compte-rendu de la réunion du Conseil des ministres tenu vendredi par visioconférence.

"Il est prévu, à cet effet, à Bruxelles le 21 juin prochain la cérémonie de récupération des reliques par le président de la République. Ensuite, une tournée avec ces reliques se déroulera à travers les villes de Lumumba-ville (dans la province de Sankuru, centre de la RDC), Kisangani (nord-est) et Shilatembo (Haut-Katanga, dans le sud-est, où M. Lumumba a été assassiné en janvier 1961, quelques mois après l'indépendance de l'ex-Congo belge)", a ajouté M. Muyaya.

Il relayait la communication émanant de M. Tshisekedi que le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a faite aux membres du gouvernement.

"L'enterrement est prévu à la place Échangeur à Kinshasa (où se trouve une statue de M. Lumumba, ndlr) en présence du Roi des Belges", précise le compte-rendu publié notamment par l'agence congolaise de presse (ACP, officielle) reçue samedi à Bruxelles.

D'après M. Muyaya, "le gouvernement a donc été instruit de prendre, dès à présent, toutes les dispositions pour accélérer les préparatifs de ce grand événement et d'organiser des cérémonies culturelles en considérant le thème de la présidence de l'Union africaine (UA) assurée par la RDC", soit "culture, art et patrimoine".

De source informée, on précise à Bruxelles que la présence éventuelle du souverain belge - à la suite d'une invitation datant de l'an dernier, pour le 60e anniversaire de l'indépendance de l'ex-Congo belge - est notamment liée à une évaluation de la situation sanitaire, alors que la RDC semble être touchée par une troisième vague de la pandémie du coronavirus.

La Belgique s'est engagée à permettre le rapatriement des "reliques" - il ne reste qu'une, voire deux dent(s) - de M. Lumumba, assassiné le 17 janvier 1961, dans des circonstances restées obscures mais en présence d'officiels belges.

Ces "reliques" - un doigt et deux dents, selon Guy Patrice Lumumba, le fils cadet de l'ex-Premier ministre - sont aux mains de la justice belge, après avoir été saisies en 2016 chez la fille d'un ex-policier belge, Gérard Soete, qui avait contribué à faire disparaître le corps de M. Lumumba après son assassinat à Shilatembo.

La justice belge a autorisé en septembre 2020 la restitution de ces restes à la famille. En décembre dernier, M. Tshisekedi avait annoncé le retour des reliques de M. Lumumba à l'occasion de la fête nationale du 30 juin prochain, avec l'espoir d'une visite du roi Philippe à l'occasion du 61e anniversaire de l'indépendance de l'ex-Congo belge.

M. Lumumba a été l'une des principales figures de l'indépendance du Congo, colonie belge depuis 1908 et jusqu'au 30 juin 1960. Il était alors devenu le premier chef du gouvernement post-indépendance, accordée dans la précipitation lors de la Table ronde de Bruxelles quelques mois auparavant.

Il n'a toutefois exercé cette fonction que deux mois et demi - dans un pays immédiatement plongé dans les troubles et divisé par les rébellions - avant d'être révoqué par le président Joseph Kasa-Vubu.

C'est toutefois le futur maréchal Mobutu Sese Seko qui a scellé son sort et permis son assassinat, en l'envoyant au Katanga (sud-est). M. Lumumba est torturé dès son arrivée à Elisabethville (aujourd'hui Lubumbashi), le chef-lieu de la province séparatiste, et assassiné le 17 janvier 1961.

Une commission parlementaire d'enquête a évoqué en 2001 une responsabilité "morale" de la Belgique. Le gouvernement avait alors présenté les excuses de la Belgique au Congo et à sa famille.