Les "incursions" de partisans d'un seigneur de guerre congolais et les interventions des forces de l'ordre, samedi dans plusieurs localités de la province du Haut-Katanga (sud-est de la République démocratique du Congo), dont Lubumbashi, deuxième ville du pays, ont fait plus de trente morts, a affirmé dimanche une ONG locale.


"Selon nos sources, l'armée est intervenue et a ouvert le feu sans aucune sommation sur ces miliciens, ce qui a occasionné des lourdes pertes en vies humaines et plusieurs arrestations d'après un bilan encore non-exhaustif", a déclaré l'asbl Justicia dans un communiqué reçu à Bruxelles.

L'association cite sept morts à Lubumbashi, le chef-lieu de la province, parmi les assaillants et un élément de la police des mines et hydrocarbures commis à la surveillance de l'entreprise minière MMG/Kinsevere, treize assaillants tués dans la cité minière de Likasi, située à 120 km de distance, neuf à Kasumbalesa, le principal poste-frontière avec la Zambie voisine, et deux à Bunkeya (dans la province voisine du Lualaba), où trois miliciens ont pris la fuite.

Selon l'asbl Justicia, vingt assaillants ont été arrêtés à Pweto, au nord-est de Lubumbashi et vingt autres ont été dénoncés par la population et arrêtés par les Forces armées de la RDC (FARDC, l'armée gouvernementale) et la Police nationale congolaise (PNC) à Kakanda, une localité reculée du Lualaba.

Ce bilan correspond grosso modo avec celui diffusé samedi par la radio onusienne Okapi, alors que les autorités congolaises n'avaient fait état que de huit morts à Lubumbashi.

Les "incursions" de samedi ont été attribuées à des miliciens partisans de l'ex-seigneur de guerre Gédéon Mutanga Kyungu Wa Bafunkwa Kanonga, le chef du groupe rebelle sécessionniste Bakata Katanga.

Justicia a toutefois exigé une enquête sur ces énièmes exécutions sommaires et arbitraires opérées par les FARDC et la PNC.