La CPI confirme, en appel, un an de prison et une amende.

La chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) a confirmé mercredi à La Haye la condamnation de Jean-Pierre Bemba à un an de prison et 300 000 euros d’amende pour subornation de témoins dans le procès intenté contre lui pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003.

Acquitté, il veut 68 millions

Pour ce premier procès, Jean-Pierre Bemba avait été acquitté le 8 juin 2018. Quelques mois plus tard, il avait présenté à la CPI une demande de 68 millions d’euros en dommages et intérêt pour avoir subi dix ans de prison alors qu’il était innocent et pour compenser les dommages subis, de ce fait, par ses entreprises.

Alors qu’il était toujours détenu par la CPI, il avait été accusé de subornation de témoins pour qu’ils fassent des déclarations en sa faveur, avec ses avocats et des partisans. Le 19 octobre 2016, la CPI les avait déclarés coupables. Les premières peines prononcées avaient ensuite été annulées le 8 mars 2018 et, le 17 septembre suivant, la CPI avait condamné M. Bemba à un an de prison et 300 000 euros d’amende, ses avocats à 11 mois de prison et une amende de 30 000 euros pour l’un.

L’homme politique a fait appel en octobre 2018 mais la chambre d’appel, qui s’est prononcée mercredi, a maintenu la peine.

Écarté de l’élection présidentielle

La condamnation de Jean-Pierre Bemba prononcée en 2018 avait permis de l’écarter de l’élection présidentielle de décembre 2018 au Congo.

Avant son arrestation en Belgique, sur mandat d’arrêt de la CPI, en 2008, Jean-Pierre Bemba avait été battu à la présidentielle de 2006 par Joseph Kabila. Auparavant, il était un des quatre vice-présidents du pays, dont le chef d’État était Joseph Kabila, en vertu d’une étrange succession monarchique dans une république : ce dernier avait succédé à son père assassiné en 2001 sans qu’aucun texte légal ne puisse soutenir cet avènement.