Le jugement, rendu le 20 janvier, par un tribunal de première instance au Kef (nord) "ne porte pas uniquement sur la consommation de stupéfiants, mais aussi l'usage d'un terrain de sport pour la consommation de drogue", a indiqué à l'AFP dimanche le porte-parole du tribunal, Mohamed Faouzi Daoudi.

La loi tunisienne prévoit une peine sévère pour la consommation de stupéfiants dans l'espace public, le porte-parole citant "la loi 52 et les chapitres 7 et 11".

Les trois accusés, âgés de moins de 30 ans, peuvent faire appel du jugement.

Le verdict a été dénoncé par Amnesty International, la directrice du bureau régional de l'ONG, Amna Guellali, jugeant dimanche "inacceptables par principe toutes les condamnations émises concernant la consommation et la possession de stupéfiants".

Il s'agit d'"un moyen de dissuasion visant les jeunes, non pas pour introduire des réformes sinon pour briser la jeunesse", a-t-elle ajouté.

La Ligue tunisienne des droits de l'Homme a pour sa part dénoncé un "verdict injuste", le responsable de sa branche au Kef, Nour Khammassi, réclamant une "révision des chapitres de la loi 52".

Sur les réseaux sociaux, et sous le hashtag en arabe "#la prison-non, changez la 52", de nombreux utilisateurs se sont élevés contre le verdict et ont appelé à manifester.

L'universitaire Raja Ben Slama a de son côté vivement critiqué les juges du tribunal du Kef sur sa page Facebook, pour "un verdict absurde et contraire aux droits humains, à la Constitution, aux conventions et à tout ce qui est humain".

"Comment comprenez-vous la Constitution, la démocratie et les droits humains?", les interroge-t-elle.