Le président congolais Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo a proposé la création d'une "coalition régionale contre le terrorisme" en vue de combattre la rébellion musulmane ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF) sévissant dans l'est de son pays, lors du sommet de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) qui s'est terminé dimanche à Dar es Salaam. "Je voudrais ici solliciter, en vertu de la charte de notre organisation, votre solidarité envers mon pays et son peuple, pour qu'à l'issue de cette session, nous puissions, a l'instar de la brigade spéciale qui opère sous le commandement de la Monusco (la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC, ndlr) et qui avait mis en déroute le mouvement (rebelle) M23, prendre la ferme résolution de renforcer les Forces armées de la République démocratique du Congo", a-t-il affirmé de ses pairs de la SADC, selon plusieurs médias congolais.

M. Tshisekedi faisait allusion à la brigade d'intervention de la Monusco, composée de soldats du Malawi, d'Afrique du sud et de Tanzanie, et chargée spécifiquement de "neutraliser les groupes armés" en menant des "opérations offensives ciblées" dans l'est de la RDC.

Cette unité forte de quelque 3.000 Casques bleus a permis de vaincre militairement, en novembre 2013 après 18 mois de guerre dans la province du Nord-Kivu (est) le Mouvement du 23 mars (M23), dernier avatar des rébellions à dominante tutsi soutenues par l'Ouganda et le Rwanda dans l'est congolais.

Le nouveau président congolais a exprimé sa volonté "d'en finir définitivement avec tous ces mouvements qui sèment la mort et la désolation au sein de nos populations".

"Je propose de créer, a l'image de la coalition mondiale contre le terrorisme, une coalition régionale pour éradiquer ce fléau", a-t-il dit.

Le 29 juin dernier, à la veille de la fête de l'indépendance de la RDC, le président congolais avait confirmé les liens entre les ADF et le groupe terroriste Etat islamique (EI).

Historiquement opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les rebelles musulmans ougandais des ADF sont les responsables présumés d'une série de massacres de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.