Juriste de formation, il n’a pas été proposé par les partis politiques au pouvoir.

Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement sortant d’Elyes Fakhfakh, Hichem Mechichi, 46 ans, fut le premier conseiller du président Saied, chargé des affaires juridiques. Celui qui fut aussi ancien chef de cabinet des ministères du Transport, des Affaires sociales et de la Santé aura un mois pour former son gouvernement. Il devra ensuite obtenir la confiance du Parlement à la majorité absolue d’ici le mois de septembre. Faute de quoi, l’Assemblée sera dissoute et de nouvelles élections législatives auront lieu. La Tunisie, où le dernier scrutin législatif s’est déroulé en octobre, aurait alors 90 jours pour organiser ce vote anticipé.

Dans une déclaration publiée par la présidence de la République, M. Mechichi a estimé que son nouveau poste représente une "grande responsabilité et un grand défi surtout dans les circonstances actuelles de notre pays", promettant de "travailler pour former un gouvernement qui répondra à toutes les attentes des Tunisiens".

Une myriade de partis

Sa désignation est intervenue le jour où la Tunisie fêtait le 63e anniversaire de la République, un jour qui marque l’abolition du régime monarchique et la proclamation de la République en 1957. Ce jour célèbre aussi le premier anniversaire de décès de Béji Caid Essebsi, premier président tunisien élu au suffrage universel en 2014, mort à quelques mois de la fin de son mandat à l’âge de 92 ans.

Dans ce cadre, le nouveau Premier ministre a la difficile tâche de rassembler une majorité au sein d’un Parlement profondément fragmenté. Élue en octobre, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) est composée d’une myriade de partis, dont certains sont à couteaux tirés. C’est le cas notamment du Parti destourien libre (PDL) de l’anti-islamiste Abir Moussi (16 députés sur 217), et du parti Ennahdha, la première force au Parlement (54 députés).

Durant les deux dernières semaines, des plénières n’ont pas été tenues en raison des échanges violents entre notamment ces deux blocs, et un sit-in du PDL réclamant le départ du président du parlement Rached Ghannouchi, également chef d’Ennahdha. Ce dernier fait l’objet d’une motion de retrait de confiance qui sera examinée lors d’une plénière le 30 juillet.