Afrique Le gouvernement d’union nationale attribue la responsabilité du massacre au chef rival de l’Armée nationale libyenne.

Au moins 42 civils ont été tués et plus de 60 blessés, dont 30 grièvement, dans une frappe aérienne contre une ville du sud de la Libye, a indiqué lundi Ibrahim Omar, membre du conseil municipal de la ville de Morzouk. Il a accusé les forces de Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est de ce pays plongé dans le chaos.

Le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par l’Onu, a confirmé cette frappe dimanche soir contre le quartier Al-Qalaa à Morzouk et a lui aussi attribué le raid à l’Armée nationale libyenne autoproclamée du maréchal Haftar. Le raid sanglant dans le sud a eu lieu alors que des combats ont lieu entre forces du GNA et l’ANL, qui a lancé une offensive le 4 avril pour conquérir Tripoli. Après près de quatre mois, les pro-Haftar stagnent aux abords de la capitale, freinés par les pro-GNA.

En janvier dernier, l’ANL avait mené dans le sud-ouest du pays une opération militaire visant, selon elle, à y éliminer les "groupes terroristes et criminels". Elle s’était alors emparée sans combats de la ville de Sebha et d’importants champs pétroliers. En février les pro-Haftar sont entrées à Morzouk qui avec les villes de Sebha et d’Oubari, se trouvent dans une région marginalisée et marquée, depuis 2011, par des combats tribaux et ethniques sanglants entre les communautés Toubou, Touareg et des tribus arabes.

Une partie des habitants de Morzouk était hostile à l’opération de l’ANL, redoutant des actes de vengeance de leurs rivaux arabes ayant pour la plupart rallié l’ANL. Certains membres de la communauté Toubou avaient crié au "nettoyage ethnique". (AFP)