Il rappelle le sort des femmes qui osent dénoncer les abus et les violences dont sont victimes les civils, a précisé Human Rights Watch, de même qu’il souligne l’urgence d’y mettre fin dans cet État divisé et gangrené par les milices. Cette militante de la cause féminine, 46 ans, a été abattue en plein jour, mardi à Benghazi, la principale ville de l’est du pays. Elle se trouvait au volant de sa voiture dans l’une des artères commerçantes de cette ville, berceau de la révolution de 2011 contre Mouammar Kadhafi et aujourd’hui bastion des autorités de l’Est du maréchal Khalifa Haftar, rival du gouvernement d’accord national (GNA), basé à Tripoli. Son meurtre est survenu la veille de l’annonce d’une importante percée dans les pourparlers entre ces deux autorités, près de trois semaines après la conclusion d’un cessez-le-feu.

Connue pour ses prises de parole médiatiques, Hanane al Barassi dénonçait la corruption, les abus de pouvoir et les violences. Elle dirigeait une association de défense des femmes victimes d’abus, leur donnant la parole dans des vidéos qu’elle diffusait ensuite sur les réseaux sociaux. Elle n’hésitait pas à évoquer la responsabilité des groupes armés présents à Benghazi et liés à l’Armée nationale libyenne, la milice composite de Khalifa Haftar.

Des menaces de mort

Son meurtre semble directement lié à ses activités. "Quelques minutes auparavant, elle diffusait une vidéo en live sur Facebook", a déclaré une source sécuritaire de l’Est. Dans cette séquence postée sur sa page Facebook, l’avocate critiquait, assise dans une voiture face caméra, des groupes armés proches de Khalifa Haftar, se disant "menacée". Selon Amnesty International, elle et sa fille avaient reçu des menaces de mort.

La veille de sa mort, l’avocate avait publié en ligne une déclaration où elle promettait de divulguer une vidéo révélant la corruption dans la famille de Khalifa Haftar, mettant en cause le fils de l’homme fort de l’Est.