Le Croissant Rouge émirati a condamné mercredi une attaque armée contre l'un de ses dispensaires médicaux mobiles sans faire de victimes à Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, où une guerre dévastatrice a plongé la population dans l'une des pires crises humanitaires au monde. Les Emirats arabes unis sont membres de la coalition militaire dirigée par leur allié saoudien au Yémen et qui appuie depuis 2015 les forces du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale contre les rebelles Houthis, soutenus de leur côté par l'Iran.

"Le Croissant Rouge émirati condamne et regrette profondément l'acte terroriste lâche qui a ciblé son personnel médical travaillant dans des dispensaires mobiles", a déclaré l'organisation dans un communiqué.

La "fusillade" contre les travailleurs humanitaires, qui s'est produite dans le village de Yakhtoul rattaché au gouvernorat de Taëz, n'a pas fait de victimes mais "représente une violation majeure des normes, traités et pactes internationaux", a-t-elle ajouté.

Les Emirats arabes unis ont également condamné un "acte criminel" et de "terrorisme".

"Cibler les travailleurs humanitaires entrave la poursuite des opérations de secours et affecte l'arrivée de l'aide humanitaire au Yémen", a dénoncé le ministère des Affaires étrangères émirati dans un communiqué.

Des experts de l'ONU ont accusé les Houthis comme la coalition d'avoir commis une "multitude de crimes de guerre" dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

En raison du conflit, plus de 24 millions de personnes --soit près de 80% de la population-- dépendent d'une forme d'aide humanitaire, avec une situation qui s'est fortement détériorée en 2020 dans le contexte de pandémie mondiale de Covid-19.

Seulement 1,43 milliard de dollars (1,21 milliard d'euros) sur les 3,2 milliards nécessaires pour financer les programmes d'assistance au Yémen avaient été versés à la mi-octobre, selon l'ONU.