Les alarmes de l'avion d'AirAsia "retentissaient" alors que les pilotes essayaient désespérément de stabiliser l'appareil avant qu'il ne décroche et s'abîme en mer de Java, en Indonésie, le 28 décembre, a indiqué mercredi un enquêteur.

Sur les enregistrements de l'une des boîtes noire contenant les conversations dans le cockpit de l'Airbus A320-200, on peut entendre le bruit de plusieurs alarmes, y compris celle indiquant que l'avion décrochait, a déclaré à l'AFP cet enquêteur sous couvert d'anonymat.

"On peut dire que les alarmes d'avertissement retentissaient, alors qu'en arrière-plan, ils (le pilote et le co-pilote) étaient occupés à essayer de reprendre le contrôle" de l'appareil, a-t-il ajouté.

L'enquêteur du Comité national de sécurité des transports (NTSC) a ajouté que les voix des pilotes étaient couvertes par le son des alarmes.

Cette révélation intervient au lendemain de celle du ministre indonésien des Transports, Ignasisus Jonan, selon laquelle l'avion a effectué une ascension trop rapide avant de décrocher et de s'écraser dans la mer.

Les deux enregistreurs de vol -- l'un enregistrant les conversations entre les pilotes et avec le contrôle aérien (enregistreur phonique), l'autre les paramètres de l'avion (vitesse, altitude, régime des moteurs, etc.) -- ont été repêchés et sont actuellement analysés par les enquêteurs qui doivent présenter un rapport préliminaire le 28 janvier.

Des plongeurs ont repêché jusqu'ici 53 corps sur les 162 personnes à bord de l'appareil. Parmi eux se trouvaient 155 Indonésiens, le copilote français Rémi Plésel, un Britannique, trois Sud-Coréens, un Malaisien et un Singapourien.

Des similarités avec le crash du vol Rio-Paris

Alors qu'ils insistent sur le fait de ne pas tirer de conclusions trop hâtives sur les causes de l'accident, des analystes relèvent d'ores et déjà des similarités entre cet accident et celui de l'Airbus d'Air France qui assurait la liaison Paris-Rio (vol AF447) et s'est abîmé dans l'océan atlantique le 1er juin 2009, tuant ses 228 occupants.

"Les similarités sont assez frappantes", a déclaré à l'AFP Daniel Tsang, fondateur du cabinet-conseil Aspire Aviation, basé à Hong Kong.

L'Airbus A330 d'Air France avait été pris en difficulté dans une tempête tropicale, au passage de la zone de convergence intertropicale, à forte densité de cristaux de glace. Les sondes Pitot, qui permettent de déterminer la vitesse de l'appareil, avaient été temporairement obstruées, l'appareil était monté trop vite et avait décroché avant de s'écraser en mer, au large du Brésil.